Nous avions livré cinq cartons au conseil d’administration
restreint de la Société Générale à Paris. Ils contenaient dix millions de $ en
coupures de 20$, ces fameuses coupures sur lesquelles figure le président
Andrew Jackson, un massacreur d’Indiens mais aussi le premier homme politique à
s’être dressé contre le pouvoir des banques. Décidément ce monde des vivants
nage dans l’équivoque.
Il ne nous restait plus qu’à attendre la phase deux de l’opération
Thunderbolt. Le temps que les banksters parisiens mettent les billets dans des
boîtes à chaussure pour livrer les primes, bonus, pots de vin et provisionnent
les évasions fiscales.
La une du Parisien titrait:«Deux vice présidents de la Société
Générale blessés». Un témoin déclare au journaliste: j’ai vu entrer samedi vers
21 heures deux hommes accompagnés de deux jeunes femmes. Ils se sont mis au bar
de très bonne humeur. Quand brusquement, je ne sais pour quelle raison, les
deux hommes tapaient sur leur poitrine comme pour éteindre un feu qui s’est déclenché
sous leur veste. Le barman leur a sans doute sauvé la vie en les aspergeant
abondamment d’eau de Seltz. Mais leur veste continuait de brûler. Ils les jetèrent
au sol. Mais voilà que le feu avait pris dans leur pantalon. Ils l’enlevèrent
aussi. Tandis que vestes et pantalons se consumaient au sol, soudain l’une des
jeunes femmes cria, éclata en larme, son sac à main avait prit feu. Ils avaient
garé leur Porsche devant le bar sur le trottoir. Une épaisse fumée montait de
la voiture».
Le Figaro «Dimanche. Incendie sans doute criminel de la
villa du président OUDEA» Dans la matinée de lundi un violent incendie s’est déclaré
dans la villa du président de la Société générale. Le feu a rapidement gagné
toute la villa. On ne déplore aucune victime mais les dégâts sont importants».
Le Monde «Le monde de la finance en émoi après une série d’embrasements.
Deux vice présidents de la Société générale et leur secrétaires commotionnés
dans un bar de l’Opéra pris en charge par les Pompiers de Paris samedi soir,
lundi matin une dizaine de cadres de la banque se sont mis littéralement en feu
sur un trottoir du Boulevard Haussmann, tous ont abandonné leurs vestes,
certains couraient nus et se sont réfugiés dans un café, lundi après-midi
quinze coursiers de la Société générale ont perdu leur véhicules de livraison
qui se sont mis à s’autoconsumer, mardi matin panique à Roissy où une délégation
économique mexicaine de la banque Bananex, partenaire de la Société générale en
Amérique du sud, a perdu tous ses bagages détruits dans un épais nuage de fumée».
Libération : «Le sénateur Dubralong s’enflamme. Étrange
incident mardi après-midi à la commission de moralisation de la vie économique
présidée par le sénateur écologiste, Robert Dubralong. Vers 15 heures, le sénateur
venait d’ouvrir une séance de sa commission qui travaille depuis trois ans sur
le rapport MVE (moralisation de la vie économique) quand brusquement une épaisse
fumée noire est sortie de la salle des commissions du Sénat. Six sénateurs et
deux secrétaires parlementaires ont surgi dans les couloirs les vêtements en
feu. Les appariteurs ont éteint les serviettes et les mallettes encore posées sur
les tables. Le sénateur Dubralong et ses collègues ont été pris en charge par
le SAMU et une aide psychologique leur a été apportée.
Cet incident est incompréhensible déclara le sénateur
Dubralong, les équipements du Sénat sont vétustes et il faudrait quand même un
jour qu’on rénove les salles des commissions et qu’on sorte de cette logique d’économies
à la petite semaine insignifiantes et ridicules même par ces temps de crise».
Les Echos «Une commission paritaire au MEDEF interrompue par
un violent incendie. Mercredi matin vers 11 heures au siège du MEDEF, la
C2P2ERDS, la commission paritaire pour l’emploi et la revalorisation des
salaires, présidée cette année par M. Lachrien, CGT, a été interrompue par un
incendie. Tous les membres de la commission ont jeté leurs habits dans les
bureaux du premier étage qui ont pris partiellement feu. M. Lachrien et son
homologue du MEDEF, M. Donnerien ont tenu une conférence de presse qui a dû être
annulée car l’un des journalistes présents s’est spontanément transformé en
torche humaine. Heureusement le SAMU, encore sur place, a pu intervenir et
notre confrère a juste perdu sa veste. Lors de la conférence de presse qui a
enfin pu se tenir quelques heures plus tard, M Lachrien, CGT, s’est interrogé
sur la nature de cet incendie en se demandant s’il n’y avait pas derrière cet
attentat une criminelle manœuvre des grandes puissances d’argent. M.
Donnerien, vice président du MEDEF, a évoqué, lui, une action de sabordage
visant à empêcher la publication du rapport sur la revalorisation des salaires
sur lequel la commission paritaire nationale travaille depuis six ans».
Jeudi, vendredi, samedi, à chaque jour un nouvel
embrasement, là à l’Assemblée nationale, là-bas dans des ministères, une dizaine de splendides maisons de Neuilly
ont été la proie des flammes, des feux se sont déclarés aux sièges de l’UMP et
du Front national. Plusieurs grandes rédactions parisiennes ont été la proie
des flammes. Les chaînes de télévision n’ont pas été épargnées et même sur un
plateau de télévision un intervenant a pris feu en direct.
Steve Jobs nous a réunis dans la maison de l’éclusier entre
les piliers du bassin de l’Arsenal et de la Seine.
Un fin de semaine chaude, dit-il par la voix de Lucas
Cranach senior. Et il s’obstina à continuer en français, quand on plie la
billet, amazing, elles brûlent. C’est un invention de mon père adoptif très
bricoleur, on trempe la billet dans une bain d’un liquide pas visible, le réaction
chimique produit le flamme dès qu’on la plie. Maintenant, friends, passons à la
phase trois.
(à suivre)