lundi 26 novembre 2012

Phase deux Thunderbolt, les dégâts - 70° épisode.


Nous avions livré cinq cartons au conseil d’administration restreint de la Société Générale à Paris. Ils contenaient dix millions de $ en coupures de 20$, ces fameuses coupures sur lesquelles figure le président Andrew Jackson, un massacreur d’Indiens mais aussi le premier homme politique à s’être dressé contre le pouvoir des banques. Décidément ce monde des vivants nage dans l’équivoque.

Il ne nous restait plus qu’à attendre la phase deux de l’opération Thunderbolt. Le temps que les banksters parisiens mettent les billets dans des boîtes à chaussure pour livrer les primes, bonus, pots de vin et provisionnent les évasions fiscales.

La une du Parisien titrait:«Deux vice présidents de la Société Générale blessés». Un témoin déclare au journaliste: j’ai vu entrer samedi vers 21 heures deux hommes accompagnés de deux jeunes femmes. Ils se sont mis au bar de très bonne humeur. Quand brusquement, je ne sais pour quelle raison, les deux hommes tapaient sur leur poitrine comme pour éteindre un feu qui s’est déclenché sous leur veste. Le barman leur a sans doute sauvé la vie en les aspergeant abondamment d’eau de Seltz. Mais leur veste continuait de brûler. Ils les jetèrent au sol. Mais voilà que le feu avait pris dans leur pantalon. Ils l’enlevèrent aussi. Tandis que vestes et pantalons se consumaient au sol, soudain l’une des jeunes femmes cria, éclata en larme, son sac à main avait prit feu. Ils avaient garé leur Porsche devant le bar sur le trottoir. Une épaisse fumée montait de la voiture».

Le Figaro «Dimanche. Incendie sans doute criminel de la villa du président OUDEA» Dans la matinée de lundi un violent incendie s’est déclaré dans la villa du président de la Société générale. Le feu a rapidement gagné toute la villa. On ne déplore aucune victime mais les dégâts sont importants».

Le Monde «Le monde de la finance en émoi après une série d’embrasements. Deux vice présidents de la Société générale et leur secrétaires commotionnés dans un bar de l’Opéra pris en charge par les Pompiers de Paris samedi soir, lundi matin une dizaine de cadres de la banque se sont mis littéralement en feu sur un trottoir du Boulevard Haussmann, tous ont abandonné leurs vestes, certains couraient nus et se sont réfugiés dans un café, lundi après-midi quinze coursiers de la Société générale ont perdu leur véhicules de livraison qui se sont mis à s’autoconsumer, mardi matin panique à Roissy où une délégation économique mexicaine de la banque Bananex, partenaire de la Société générale en Amérique du sud, a perdu tous ses bagages détruits dans un épais nuage de fumée».

Libération : «Le sénateur Dubralong s’enflamme. Étrange incident mardi après-midi à la commission de moralisation de la vie économique présidée par le sénateur écologiste, Robert Dubralong. Vers 15 heures, le sénateur venait d’ouvrir une séance de sa commission qui travaille depuis trois ans sur le rapport MVE (moralisation de la vie économique) quand brusquement une épaisse fumée noire est sortie de la salle des commissions du Sénat. Six sénateurs et deux secrétaires parlementaires ont surgi dans les couloirs les vêtements en feu. Les appariteurs ont éteint les serviettes et les mallettes encore posées sur les tables. Le sénateur Dubralong et ses collègues ont été pris en charge par le SAMU et une aide psychologique leur a été apportée.
Cet incident est incompréhensible déclara le sénateur Dubralong, les équipements du Sénat sont vétustes et il faudrait quand même un jour qu’on rénove les salles des commissions et qu’on sorte de cette logique d’économies à la petite semaine insignifiantes et ridicules même par ces temps de crise».

Les Echos «Une commission paritaire au MEDEF interrompue par un violent incendie. Mercredi matin vers 11 heures au siège du MEDEF, la C2P2ERDS, la commission paritaire pour l’emploi et la revalorisation des salaires, présidée cette année par M. Lachrien, CGT, a été interrompue par un incendie. Tous les membres de la commission ont jeté leurs habits dans les bureaux du premier étage qui ont pris partiellement feu. M. Lachrien et son homologue du MEDEF, M. Donnerien ont tenu une conférence de presse qui a dû être annulée car l’un des journalistes présents s’est spontanément transformé en torche humaine. Heureusement le SAMU, encore sur place, a pu intervenir et notre confrère a juste perdu sa veste. Lors de la conférence de presse qui a enfin pu se tenir quelques heures plus tard, M Lachrien, CGT, s’est interrogé sur la nature de cet incendie en se demandant s’il n’y avait pas derrière cet attentat une criminelle manœuvre des grandes puissances d’argent. M. Donnerien, vice président du MEDEF, a évoqué, lui, une action de sabordage visant à empêcher la publication du rapport sur la revalorisation des salaires sur lequel la commission paritaire nationale travaille depuis six ans».

Jeudi, vendredi, samedi, à chaque jour un nouvel embrasement, là à l’Assemblée nationale, là-bas  dans des ministères, une dizaine de splendides maisons de Neuilly ont été la proie des flammes, des feux se sont déclarés aux sièges de l’UMP et du Front national. Plusieurs grandes rédactions parisiennes ont été la proie des flammes. Les chaînes de télévision n’ont pas été épargnées et même sur un plateau de télévision un intervenant a pris feu en direct.

Steve Jobs nous a réunis dans la maison de l’éclusier entre les piliers du bassin de l’Arsenal et de la Seine.

Un fin de semaine chaude, dit-il par la voix de Lucas Cranach senior. Et il s’obstina à continuer en français, quand on plie la billet, amazing, elles brûlent. C’est un invention de mon père adoptif très bricoleur, on trempe la billet dans une bain d’un liquide pas visible, le réaction chimique produit le flamme dès qu’on la plie. Maintenant, friends, passons à la phase trois.

(à suivre)