mardi 3 juillet 2012

Des virus cosmiques par delà les iCloud universels - 49° épisode.


Il y a bien de curieuses choses dans le monde de l’au-delà. La loi des mondes intermédiaires dispose pourtant que tout vivant rejoint sans tarder le monde des esprits par la perte du corps physique.
Après un passage dans le monde intermédiaire des esprits, il est inéluctablement happé par la réincarnation. Et ainsi se perpétue le cycle, la grande roue qui tourne inlassablement jusqu’à la libération, la dissolution dans le cycle même, dans le vide, l’incréé, le nirvana. C’est le système opérant de notre univers, Steve Jobs l’appelait le fucking operating system, l’OS.
Le dispositif est simple et en principe caché aux vivants. Les fuites et les révélations mêlées à l’insatiable curiosité humaine, ont permis aux vivants de se faire une idée du système général de l’éternel retour. Une simple idée, forcément fragmentaire, toujours incomplète voire fausse sans doute.

Les hommes, par tâtonnements successifs, avaient découvert qu’après toute réincarnation se perdait aussitôt le souvenir de la vie précédente ce qui expliquait la méconnaissance crasse à laquelle les vivants étaient soumis et leur donnait bien sûr de belles excuses.
Homère, en reprenant la tradition orale sur cette affaire, avait formalisé cette perte de mémoire de la précédente vie. On l’appelle depuis le postulat de Léthé.
Dans la saga homérique, en effet, l’eau du fleuve Lethé apportait l’oubli. Le postulat de Léthé énonce: toute âme qui se réincarne oubli son passage dans le monde des esprits et sa précédente vie. 
Le principe de Lethé aurait dû rendre inaccessible toute compréhension du système général de la réincarnation. Mais le système avait programmé ses propres ratés.
Il reste toujours quelques bribes de souvenirs de vies précédentes accrochées à la mémoire du jeune enfant mais elles finissent par s’estomper. Ces bribes sont profondément enfouies dans l’inconscient et remontent sans qu’on puisse savoir sous quelle forme, comme des pensées fugaces, de brèves visions, des sons ou des musiques qui traversent distinctement notre esprit, des rêves qu’on ne s’explique pas, parfois des cauchemars. Elles forment le tréfonds de notre inconscient.

Le postulat de Léthé a été contredit par Padma Sambhava (VIII° siècle) le maître pakistanais qui introduisit le bouddhisme au Tibet et des yogis célèbres comme Jetsün Milarépa (XI° siècle).
Dans des cas extrêmement rares, plus rares que les résurrections attestées, il peut arriver  qu’une personne renaisse avec TOUS les souvenirs de ses vies passées.
Ce phénomène est provoqué volontairement par la seule force de la méditation.
Le yogi peut, par son esprit, naître et mourir, parcourir les mondes intermédiaires, voyager dans les au-delà.
Ce résultat spectaculaire s’obtient par une pratique du yoga tantrique très poussée, conduite pas à pas par un maître dans le cadre d’une transmission ésotérique. Nous ne savons pas grand chose sur ces pratiques. Les quelques éléments intelligibles sont noyés volontairement dans un brouet védique où dieux, diables, toutes sortes de divinités s'activent en sanskrit.
Ce qui est sûr : ils maîtrisent l’énergie orgastique, la concentre, la font remonter le long de l’axe de la colonne vertébrale et la libère en propulsant leur mental au-dessus d’un point haut du crâne, l’un des chakra bien connu par la médecine asiatique traditionnelle, symbolisé par une petite flamme sur la tête du Bouddha méditant. L’esprit s’échappe ainsi du corps et sur commande.  

Le fait est là. Ces yogis voyagent entre morts et vivants. Et parfois même apparaissent sous la forme d’êtres de chair et de sang.

A force d’ascétisme, de concentration, d’exercices extrêmement difficiles, ils provoquent une réelle expansion de la conscience et assimilent leur esprit à l’entité cosmique dans une fusion orgastique qui a fait beaucoup jaser. Ils ont été les premiers psychonautes de notre histoire spirituelle.

Voilà qui est singulier, amazing, ces fils de pute échappent aux règles de l’univers! S’exclama Steve Jobs avec ce naturel qui s’accroche à sa légende.
Ils utilisent les énergies orgastiques sans doute féminines, comme les navettes spatiales se font relancer par les forces gravitationnelles d’une étoile vers l’autre pour amplifier leur vitesse.
C’est inouï ! Les voilà qui foncent à travers le continuum espace temps. Apparaissent là. Meurent. Se glissent dans le cycle de la métempsycose. Se manifestent dans le monde des esprits. Et se réincarnent. En consommant l’énergie des orgasmes féminins répétés et sans fin. Ces têtes de nœuds (Steve n’arrivait plus à se débarrasser de cette expression que je lui avais apprise) craquent le programme, opèrent dans l’OS cosmique comme des virus, s’infiltrent, se propagent, s’accrochent, se jouent des règles. 
La fin de toute chose est le nirvana et eux, butinent autour.  L’énervement de Steve Jobs sonna le rappel de tous nos amis disséminés dans les cinq dimensions.

Winston Churchill vint renfrogné. Il ne convient pas de leur céder, dit-il en grognant. Nous nous devons d’engager la lutte. Trouver de nouvelles armes. On ne pactise pas avec des virus. On leur fonce dessus et on les écrase ! 
Marlene Dietrich se rangea à cet avis en fredonnant

Vor der Kaserne,

vor dem grossen Tor,

stand eine Laterne

und steht sie noch davor,

so wollen wir uns da wiedersehen,

wenn wir bei der Laterne stehen,

wie einst, 
Lili Marleen ...

Winston en avait les larmes aux yeux mais comme vous savez, dans le monde des esprits, nous n’avons pas d’yeux.

Albert Camus plus nuancé: certes ne transigeons pas mais ne nous laissons pas emporter dit-il en regardant tendrement l’esprit de sa maman pour toujours à ses côtés.
Albert Einstein fit une cabriole. Il suggéra de les piéger dans la relativité des espaces temps. 
Winston Churchill, le héros britannique, notre héros, cherchait une bouteille de whisky et un cigare. C’est toi Wolfi, Amadeus qui les a piqués? C’est bien là les germaniques.
Mozart venait de reprendre vor der Kaserne, vor dem grossen Tor, Ja, schön, tempérons puis on met ça en si bémol, allegro maestoso, puis andante stand eine Lanterne und steht sie noch davor ... andantino con variazioni pour une symphonie, là je le vois bien, ... quelque chose comme mon KV 297b hautbois, clarinette, cor et basson, mais Winston, Ja en mi bémol, nein, peut-être pas, je ne t’ai pas piqué ton alcool et ton tabac, il n’y pas de ça ici, voyons lieber Dummkopf.

Pépé, notre Saint Joseph de Cupertino, insistait pour élever un peu le débat. Il a raison disait le XIII° Dallai Lama (le précédent de l’actuel). C’est la première fois que ce Lama prenait la parole. J’ai senti qu’il était gêné. En principe un Dallai Lama se réincarne rapidement car en bas les tibétains attendent la relève. On ne traîne pas ici. Lui avait fait une pause.
Romain Gary voyait une sorte de frappe aérienne qu’il ferait avec sa maman à lui et Jean Seberg en copilote, une Jean enfin retrouvée, apaisée.
Maryline Monroe invoqua la tolérance. Laissons faire les virus, en quoi nous dérangent-ils? Ne pourraient-ils pas devenir our best friends?
Steve Jobs poussait de petits cris histoire de se faire remarquer dans cet aréopage comme il n’était pas directement question de lui. Il faut renforcer le système, l’OS a des failles, upgrade it friends !  

Un vrai chahut. Et soudain tout le monde se tut quand JPM (Jean-Paul Machin, vous savez cet inconnu qui avait refusé les cinq minutes de gloire qu’avait promises Andy Warhol à tout quidam de son siècle) prit la parole.
Il suffit, dit-il posément sur le ton monocorde qui contribua à son oubli total après sa mort, il suffit de trouver le yogi qui génère le phénomène Gwladys Brunoni. L’apparence de cette jeune-femme traversant l’histoire en figurant sur un tableau de Lucas Cranach l’ancien puis revenant comme agent des Firewire, n’est pas une preuve suffisante. Une ressemblance physique peut résulter de la combinatoire des gènes. 
Mais je sens un immense danger dans tout ce que nous venons d’examiner. Alors prenons les choses dans l’ordre : établissons correctement le constat puis, si c’est nécessaire, repérons le yogi qui pirate le système général de la réincarnation en y introduisant le mal.
L’affaire est très grave. On ne plaisante pas avec la notion de karma qui est la somme de ce qu'un individu a fait, est en train de faire ou fera et qui se répercute sur ses différentes vies. Si Gwladys Brunoni est l’expression d’une déviance karmique, cela voudrait dire que le système est en voie d’être faussé.
Nous savons tous qu’Adolf Hitler a subi une réincarnation à l’envers, comme larve de mouche à merde. Imaginez que l’esprit de ce monstre fusionne instantanément avec le nirvana ? Un gène pervers paranoïaque introduit dans le tout incréé ne risquerait-il pas de provoquer une réaction en chaîne que plus personne ne pourra maîtriser, broyant tout sur son passage, repoussant les enseignements de Bouddha, ou pire, nécessitant une reprise de ses enseignements mêmes ? C’est inimaginable !
Car dans cette voie ouverte s'engouffrera l'innommable et l’impensable.  
Un tollé général s’en suivit. Winston Churchill était rouge vif prêt à exploser sauvé in extremis par la conscience qu’il eut de l’absence de son corps physique.

Yes, dit Steve Jobs, il faut être certain des effets de ces virus cosmiques au-delà des iCloud universels. Shit! Notre OS a des failles.

L’enquête sur mon amoureuse, Gwladys Brunoni, venait de commencer. Et personne ne se doutait que nous irions de surprise en surprise.

Nous étions sur une très sale affaire.      

( à suivre )