mardi 24 juillet 2012

OS cherche X - 52° épisode.


Nous avions à présent la certitude qu’un yogi venait de pirater le système opératoire du samsara, en d’autres termes le système de la condition humaine, le courant des renaissances successives, tous ces états de l’existence soumis à la souffrance, à l’attachement et à l’ignorance.
Il cherchait visiblement à faire bugger  la réincarnation. Et peut-être même biaiser le nirvana, la libération des cycles de vies successifs, cet apaisement qui mène à l’extinction du désir des sens et du vouloir vivre, en somme l’achèvement des renaissances.
Son avatar était Gwladys Brunoni, mon amour, qui se promenait ainsi à travers l’espace temps des vivants en échappant à la mort et en évitant la vie.

Elle était le modèle préféré du peintre Lucas Cranach l’ancien à Wittenberg en Allemagne du temps de la Renaissance, elle apparaît dans son tableau appelé la Mélancolie et dans «l’AppleEva» comme l’appelait Steve Jobs (*).
Elle réapparaît , employée à l’Apple Store du Louvre, tueuse des Firewire, une sous section des Zetas, un abominable gang mexicain (*).
Steve Jobs dirigeait l’enquête et nous n’en étions qu’au début.

Ce n’est que la face apparente de l’iceberg, ce fils de pute de yogi (ne soyez pas choqué, c’est Steve et sa manière de s’exprimer) doit se promener sans aucun doute ailleurs. Il faut passer l’operating system, l’OS au peigne fin.
Cela revenait à passer en revue l’histoire générale de l’humanité depuis l’introduction du bouddhisme au Tibet au VIII° siècle jusqu’à mon assassinat soit près de 1300 années de grande et de très petite histoire de l’humanité. En admettant que le yogi, disons X, ne s’est pas amusé à revenir plus loin dans le passé.
C’était impossible. Pour des vivants. Mais pas pour des purs esprits comme nous.
Vous savez déjà que nous les esprits, on ne peut pas se projeter dans le futur, juste quelques heures et pas plus. Par contre tout le passé et l’espace des vivants nous sont accessibles instantanément puisque nous sommes maîtres de la cinquième dimension.

Ce X s’envoie dans l’éternité. Tant que la vie existera, X vivra par son avatar, son clone, sa métamorphose. X est sorti du cycle. Ou plutôt l’OS a perdu un X, son X, disait Steve Jobs concentré sur l’enquête. Il a introduit un virus dans le système du dharma(**).
Combien sont-ils à voyager sans cesse au-delà de la vie et de la mort? A échapper au karma (**) en toute impunité? A ne rendre aucun compte, ni aux hommes, ni à leur conscience. Ont-ils d’ailleurs une conscience, un but quelconque? Leur seul but serait de vivre, de survivre comme toute chose dans la nature de nos univers?
X est l’incarnation de l’hédonisme matérialiste. Jouir et survivre. En se foutant de tout, des hommes et des dieux. Ne s’embarrasser de rien. Voyager sans bagages par delà la vie et la mort, le bien et le mal.
Ce X était proche de Steve, trop proche. Une partie de lui-même. X était au coeur de tous les prédateurs. Mais lui, Steve, s’en était sorti de justesse. La compassion envers les vivants lui est venue à petits pas. Il a fixé un sens au travail de son intelligence en essayant d’infléchir la stupidité de l’existence. Il a oeuvré à sa manière à une cohésion possible de l’humanité broyée dans l’infernal tourbillon de l’histoire.
X ferait rêver tous ceux qui pensent que leur destin est recroquevillé en eux-mêmes, une boule moite de suffisance enfuie très profondément dans le cerveau reptilien prenant les commande sur toutes les formes de la raison, maîtrisant la conscience, anéantissant la résistance, luttant et gagnant le statut majeur de la raison.
L’égotisme devant la déraison du monde a toutes ses raisons. Elle pousse la conscience à s’accrocher aux poils du mammouth de la marche de l’histoire. Oh, ce n’est pas de la paresse. C’est de la désespérance et de l’effroi du noyé. De l’aveuglement des idéologies et de la soif d’argent. Deux vices absolus. Car quoi de mieux que l’argent pour rester accroché sur le dos du mammouth qui avance on ne saura jamais pourquoi. On est bien mieux là-haut. On ne craindra rien sauf d’avoir plus assez de fric pour y rester accroché en bonne position. Car là-haut on se bouscule à coups de millions de $. Et glisser du dessus du dos vers les flancs, puis des flancs vers les pattes, c’est tomber bas. Bien bas vers la sol. De là, flanqué dans les fougères, on regarde le mammouth passer, s’éloigner. Sans moi.
L’important ce n’est pas le pachyderme, ni la manière de s’y accrocher. Ce gros tas de muscles et de vie est simplement crée pour disparaître. Se coller à la toison laineuse de la bête n’a aucun sens puisqu’elle est de passage. S’acharner à jouer au chardon dans les fibres du monstre coûte tant d’efforts en roueries infinies, en mensonges, en ridicule. Du dérisoire. De la tristesse. L’intelligence humaine sabotée, dévoyée, sacrifiée dans le décor fabuleux de la nuit des étoiles. 
La seule chose qui en vaille la peine est de s’accrocher à l’univers et à son histoire, aux mouvements des plaque tectoniques, à la formation des étoiles et des galaxies, à recueillir chaque jour la petitesse humaine dans les bras de l’amour avec le sourire sans fard de l’infinie compréhension tant qu’on a un bout de cerveau encore en état de fonctionner. Et s’accrocher aux étoiles a bien une autre gueule que les palais des maharajas, leurs bassins fleuris et cette lamentable fierté d’appartenir à la caste dont les idées toutes faites et l’or soignent en apparence les plaies de vivre.
Comment expliquer ça aux vivants? Bouddha eut l’intuition absolue en attirant leur attention sur la douleur. Car elle seule est capable par la crainte de son infinie déchirement, de ramener l’homme de sa déraison vers la justesse de l’eau du lac se mirant dans la lune un soir sans souffle d’air, vers le soulagement et la délivrance de la douleur même de vivre.    

Steve Jobs tournait en rond comme sa boîte laissée sans lui à Cupertino. Il ne savait plus par quel bout tirer le fil.
Chez Apple on tournait en rond mais en brassant des milliards de $. Ce qui leur donnait sur terre une impression de sérieux. Un Tim Cook qui gagne l’un dans l’autre 100.000 $ par jour, c’est plus sérieux pour les vivants qu’un clampin de chez Foxconn qui fabrique des iPads pour trois nouilles et un bol de riz. Pour 3,6 millions de $ par an, Tim a largement le droit de tourner en rond comme les footballeurs. Mais le clampin, faut qu’il cravache pour son bol de riz. Et pour ses trois nouilles, il a intérêt d’être performant.

Les voluptés et mille vierges à soumettre au droit de cuissage, un paradis de béatitude de mépris et d’exception, une forme de vie après la mort qui aurait pu s’acheter pendant la vie, alors ils y courent. Ils veulent trouver les palais des maharadjas, la soie et les bassins fleuris. Ce qu’ils n’ont jamais pu se payer ou qu’ils se sont payés pendant leur vie et qui ne demande qu’à continuer. La suite des illusions.
On retrouve tous les privilèges insolents des riches et les rêves des pauvres dans les représentations de l’après mort des grandes religions monothéistes, cultivant le sentiment d’être à part, d’être très distingué, et que cela va arriver sûrement après une vie passée à rouler dans le comme tout le monde, ensemble et en choeur.
Et ils sont tous prêts à payer le prix de l’hypocrisie et des petites et grandes bassesses quotidiennes. Se lover dans l’indigence des inventions de dieu c’est une autre manière de s’agripper aux poils du mammouth. Question de confort. Et pourtant ça va continuer. Et pas du tout comme la plupart des chardons ne se l’imaginent.
Le grand cycle des vies et des morts happera les croyants et les mécréants. Et Steve s’énervait. «Un putain de yogi» voulait se jouer du grand cycle.
Comment le trouver?

Scanner l’histoire générale de l’humanité. Cela reviendrait à mobiliser une sacrée troupe d’esprits actuellement dans le monde intermédiaire, entre vivants et renaissants. Il y avait là au plus une dizaine de milliers d’esprits capables de se mobiliser, suffisamment conscients des dangers que ce X faisait courir au système opératoire dans lequel nous étions tous pris qu’on le veuille ou non.

Winston Churchill grogna. Je ne sais pas qui chez toi, Mister Steve Jobs, fabriquait tes machins, tes ordinateurs. Qui trouvait le meilleur système pour que ça fonctionne rapidement et sans panne ? Quand Adolf Hitler nous envoyait ses bombes volantes, ses V2, j’ai demandé qu’on photographie dans le détail toute l’Allemagne pour trouver leur base d’essais. Je voulais les meilleures photos. Les plus précises. Et en 1943 on a trouvé. Peenemünden, le base spatiale où travaillait Werner von Braun. On l’a trouvée cette foutue base et je l’ai fait bombarder. Réduire en miettes. Mais on a dû examiner à la loupe des centaines de milliers de bosquets, chaque grange, chaque coin de bois de toute l’Allemagne. Alors prenons année après année. Il y a à examiner 1300 années. On est mille ici à faire le job. C’est 130 années par esprit. Allez, on s’y penche. Moi je prends de l’an 600 à 730...
Moi, dit Marlène Dietrich, de 730 à l’an 860. Schnell! Moi de 860 à ... Mozart, Einstein et tous les autres. Même Jim Morrison s’est mis de la partie. En une fraction d’éternité nous étions arrivés au temps dans les catacombes, sous l’Apple store du Louvre, la date du jour de mon assassinat.

Jean-Paul Machin, vous savez l’homme oublié qui avait refusé la minute de gloire promise par Andy Warholl, lança un stop! tonitruant. Il faut que nous employions tous la même méthode!
Schön, dit Albert Einstein. Voilà. Vous prenez chaque jour de chaque année et vous regarder s’il y a quelques chose d’exceptionnel qui se réfère à un yogi qui prétend échapper à la mort ou d’un avatar rassemblant à Gwladys Brunoni. Ca ne fait que 50.000 jours à examiner pour chacun.
J’appelle cette opération  NeXT step one! Dit Steve Jobs. Incredible, amazing! Et un petit chose en plus (il avait essayé de la placer en français), l’OS cherche X. On va le trouver.

(à suivre)

(*) Voir  l’épisode précédent «Steve Jobs contre un yogi pas net» et le 30° épisode «iPhoto’09 et iPhoto’11, un petit plus 2 pour Apple»  dans les archives du blog.
(**)
Le Dharma: désigne l’enseignement du Bouddha et la vision bouddhiste de la mort et de la vie.
Le Karma: le devenir de la vie influencé par nos actions. Ce que nous faisons, pensons et mettons en pratique  entraîne des conséquences sur le devenir de la vie et influence son déroulement.