jeudi 12 janvier 2012

Le Mothership Campus, le nouveau siège d’Apple - 24° épisode


Nous sommes en pleine dépression économique et tout va de travers. 
S’ajoutent à ce triste panorama ma mère qui me coupe mon argent de poche sans parler des lettres d’injure des fans de Valérie Pécresse et de Ségolène Royal qui ne supportent pas mes positions mitigées envers ces charmantes personnes très parisiennes.

Et puis je suis viré des Chroniques. Ce seront donc mes derniers épisodes puisque le site est dirigé à présent par James Smimoff Sputnik Stolichnaya Elastockovitch, un ancien d’Apple. C’est lui qui a repris Les Chroniques de Cupertino.
Autant que vous le sachiez de suite !
Vous avez vu, je ne figure plus que comme employé à mi-temps. Mais il me laisse encore publier quelques épisodes. Je suis définitivement viré fin de ce mois.
Motif de mon éviction: on me trouve inintéressant et beaucoup moins bon que Los Tiñosos, un chroniqueur de Musicos, le soi-disant concurrent d’Audiofanzine.
En attendant je continue sur ma trajectoire, l’âme en peine.

Mais voyons ce qui se passe chez Apple et oublions pour un moment ces contingences assommantes.
Prés de son siège social actuel, Steve Jobs avait acquis en 2010 pour Apple, un vaste terrain sur lequel est prévu la réalisation du plus bel anneau stellaire de tous les temps, le Mothership Campus qui doit accueillir en 2015 près de 12.000 collaborateurs d’Apple. Le nouveau siège social de LA boîte de Cupertino, son vaisseau amiral.
Bravant sa maladie, Steve avait tenu à présenter lui-même le projet à la mairie de Cupertino quelques mois avant sa mort.

Le vaisseau mère, l’anneau magique du nouveau siège d’Apple, nous permettra-t-il de nous évader de ce monde cruel ? Un départ pour d’autres systèmes galactiques ?
Ou un anneau de distorsion temporelle accueillant l’atterrissage d’une autre variété de sapiens capable de remplacer l’indécrottable et désespérante espèce diabolique et prédatrice homo sapiens sapiens ?
Les premières esquisses du bâtiment laissaient apparaître une forme de phallus vu de haut. Steve Jobs lui a préféré un cercle. C’est plus sensible et féminin, il faut en convenir. C’est tout de même mieux en vol que le vaisseau du Docteur Evil, l’ennemi d’Austin Power.

Tous les murs de cet anneau sont courbés et en verre. Alors permettez-moi d’évoquer quelques problèmes. Par exemple l’extincteur rouge de la salle de réunion du service Marketing ? Faudra-t-il simplement le poser sur le sol ? Il y a-t-il une solution pour l’accrocher sur une paroi en verre incurve ? Que deviendra-t-il ?
Que penseront les salariés quand ils verront à travers les murs transparents les files de collaborateurs réclamant en vain des stocks options ? Et ceux qui passent prendre leur solde de tout compte car n’étant pas les meilleurs de leur domaine ?

Tout se verra. A travers les cloisons on contemplera l’hyper activité de Tim Cook, Jonathan Ive torturant d’impossibles designs, Phil Schiller dans ses réunions cherchant des passes marketings jamais défrichées, Scott Forstall concevant des algorithmes révolutionnaires et Big Bug, le responsable du service Virus, se prélasser sur le terrasse de la belle cafète qui pourra servir 3.000 repas à la fois.
Apple sera-t-elle un parc d’attraction ?
Des millions de gens viendront visiter cette animation live, le Vaisseau Amiral, Campus d’Apple sera classé par les agences de tourisme en première position devant le Golden Gate même!

Honorable professeur Mehlang Chang, de votre côté, vous avez sur ce vaisseau amiral une incredible théorie ?

Oui, honorable poisson rouge spatial, je vais vous faire part d’une rumeur qui courre depuis quelques temps dans les milieux des chercheurs d’OVNIS.
Apple aurait été choisi par une puissance extra galactique pour relever le niveau lamentable des terriens. Je m’explique.
Plusieurs approches avaient été réalisées par ce consortium de civilisations extra galactiques. Chacune d’entre elles a permis à l’espèce humaine de faire des progrès géants. L’usage du feu, des métaux, l’invention des mathématiques et de l’écriture, la domestication des énergies, les sciences expérimentales et finalement l’informatique. 
Ils ont légué à l’homme de quoi progresser. Sachant parallèlement que notre espèce va tout faire pour s’autodétruire en inventant des artefacts terrifiants comme la religion, la politique, la banque et Microsoft.

Leur dernière incursion sur notre terre date de 1973.
Un dealer de LSD nommé Robert Friedland, revenu de son voyage initiatique en Inde, trainait alors en sari et en sandalettes sur le campus du Reed College. L’étudiant Steve Jobs et lui ont fraternisé. Steve avait du mal à cette époque à mettre une paire de chaussure. Un point commun radical.
Ce Friedland manageait la plantation de pommier de son riche oncle et eut l’idée de transformer l’exploitation en ferme communautaire qu’il baptisa la All One Farm. Steve y venait fréquemment avec sa bande hippie de Reed.
Et c’est précisément là, dans cette ferme, à une bonne cinquantaine de kilomètres au sud  de Portland, Oregon, que les extra galactiques vinrent pour faire le point sur la situation de la planète Terre.
Le vaisseau spatial, un immense anneau, se tint quelques heures au-dessus des pommiers et examina de près ces humains habillés de chemises à fleurs, les cheveux longs et sales, qui musardaient pieds nus entre les pommiers, pas du tout effrayés de les voir. Évidemment ils étaient tous sous acide et la vision de cet immense anneau transparent tenait pour eux de l’illumination intérieure.
Les extra terrestres purent donc s’attarder sans danger. Ils choisirent un barbu, perché sur un pommier, en train de le tailler péniblement. Ils l’enveloppèrent dans leur faisceau de distorsion temporelle et lui inscrivirent dans son cerveau reptilien quelques données informatiques élémentaires, sommaires pour eux, presque archéologiques pour ces êtres ayant transcendé depuis des millénaires la question du savoir.
Que ne feraient-ils pas pour faire progresser encore un peu cette humanité désespérante ?
Il fallait continuer l’expérience initiée il y a maintenant trente mille années solaires. C’était par jeu scientifique au départ et maintenant un feuilleton galactique à forte audience. Combien de milliers d’années encore faudra-t-il aux habitants de cette Terre pour devenir simplement des êtres sympathiques ? Nous approchons de la saison 2 du feuilleton, comme le prédit le calendrier maya. Et Apple permet les nouveaux épisodes.

Steve fut pris par le faisceau de distorsion temporelle lancé du vaisseau extra galactique et attribua au LSD cet état second qui dura toute sa vie. Ce qui explique sa volonté de présenter lui-même le projet du Mothership Campus à la mairie de Cupertino. C’était la fin de sa mission et il le savait que trop bien.

Faire de Steve Jobs un agent extra galactique, honorable professeur, est plutôt osé, ne trouvez-vous pas ?

Je ne pense pas, honorable poussière d’étoile incrédule. Mais la liaison me semble faite, par cette rumeur, entre les pommiers de l’exploitation communautaire, le nom de la pomme, Apple, la variété de pomme McIntosch et l’apparence extra galactique du Mothership Campus.

Merci professeur !

A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine chronique de Cupertino. Nous ferons le point avec nos lecteurs sur la tournure des Chroniques et là ça va remuer, avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment. En attendant mon départ des Chroniques … , aaarg.