jeudi 8 décembre 2011

Apple, la proie de son ombre - 19° épisode


Maintenant que vous connaissez les motivations de l’abominable Attila Uturgur, chef des Antimacs, marquons une toute petite pause dans ces rafales de révélations faites par les Chroniques de Cupertino et interrogeons-nous sur le sens de la crise qu’il a créée de toute pièce et qui, aujourd’hui, plonge les économies  dans les pires affres.
Nous sommes tous touchés par ce qui se passe. Crise oblige, ma mère n’a pas augmenté mon argent de poche. Je suis comme vous dans la mouise.
Alors essayons de comprendre ce qui se passe sous nos yeux dans ce monde soudainement devenu fort étrange.

Les Chroniques ont demandé au vénérable professeur Mehlang Chang de nous éclairer. Souvenez-vous, lecteur fidèle, que le professeur est une référence en jobsologie clinique et en applelogie appliquée. Mais aussi très connu dans le milieu fermé des économistes psychiatres.

Vénérable professeur Mehlang Chang, pouvez-nous nous dire si la crise actuelle est de nature politique, économique, écologique ou spirituelle ? Et comment cette crise impacte-t-elle le business model d’Apple ?

Honorable sac de riz parfumé alourdi d’anglicismes, tout me laisse à penser que ces quatre facteurs sont des conséquences. Il faut repérer leur fait générateur. Je m’explique.
Réfléchissez un peu et ne soyez pas impatients comme le canard qui cherche sa laque. Et suivez mon raisonnement.
Un gardien de la Paix gagne par mois 1 600 € et risque sa vie. 

Un instituteur, 1 600 € pour préparer l’avenir de votre société.
Un pompier professionnel, 1 800 € pour en sauver.
Un médecin :  5 000 €  et plus pour vous maintenir en vie.
Un  sénateur :   38 000 €  plus avantages et le moindre fonctionnaire du Sénat gagne plus de 5 000 €.
Alors laissons tranquille les gardiens de la paix, les pompiers, les instituteurs et les médecins. Occupons-nous des sénateurs.

Mais professeur…

Ne regardez pas mon doigt alors que je vous montre la lune, honorable thé au jasmin mal infusé,  voyons les choses sous un autre angle.
Aux États-Unis il y a 258 millions d'habitants, 100 sénateurs et 435 représentants.
En 
France : 65 millions d'habitants, 350 sénateurs et 577 députés. 


Si les États-Unis faisaient comme chez vous, ils auraient 1 389 Sénateurs et 2 290 députés. Et si en France vous faisiez comme aux Etats-Unis, vous n’auriez que  25 sénateurs et seulement 109 députés. Vous pensez, précieuse soupe aux raviolis, que vous avez là un gisement d’économies considérable ?
Si, pour être logique, vous supprimez 225 sénateurs pour n’en garder que 25, si vous supprimer aussi les fonctionnaires qui les servent, vous économiserez facilement des millions d’euros avec les frais et le chauffage, de buvette et avec tout le tralala qu’il leur faut à tous pour se sentir privilégiés. Evidemment personne ne se rendra compte de cette réduction des effectifs parlementaires.
Vous pourriez avec ces centaines de millions, recruter enfin des instituteurs pour apprendre aux petits français à bien se conduire, à lire et à écrire, à devenir de bons Européens. Des gardiens de la paix pour sécuriser les zones gérées par la pègre autour des villes. Des pompiers braves et courageux bien équipés. Et favoriser la formation des ophtalmologues qui manquent cruellement hors Paris. Mais pas assez pour résoudre vos problèmes de société en dépression. De plus, le peu de sénateurs, n’a  pas empêché les Etats-Unis de sombrer dans la crise de l’endettement.

Donc cette crise na pas son origine dans la politique, ni dans l’économie. Quant aux sources écologiques, je dirais que l’emprunte carbone des sureffectifs du Sénat compte pour très peu quand on pense que la plupart des sénateurs ne viennent pas aux séances du Sénat et restent tranquillement chez eux.

Alors cette crise est-elle spirituelle ? Vous connaissez mes vastes connaissances en jobsologie clinique. Même en gravant son nom avec ceux de ses 40 pirates à l’intérieur de la coque du Macintoshs 128K , Steve Jobs n’a pas réussi à donner une vraie âme aux machines contrairement à ce que laissait supposer en octobre dernier le magnifique hommage d’Al Gore à Steve.  
L’origine de la crise n’est ni politique, ni économique, ni écologique, ni spirituelle.  Honorable sushi, elle est psychiatrique.

Ça alors, vénérable professeur Mehlang Chang ! Mais comment allons nous sortir de cet enfermement mental ? Et que va devenir le business model d’Apple ?

Le joueur de frisbee a des amis. Le lanceur de boomerang n’en a pas. Méditez, honorable pédaleur de rickshaw. Apprenez à vous aimer et vous trouverez la voie.
Si les sénateurs et les députés aimaient vraiment leurs électeurs ? Si Edvy Plesnel aimait son président de la  république ? Si les banquiers aimaient leurs clients ? Si Attila Uturgur aimait vraiment Steve Jobs et Apple ? Si Marine Lepen aimait l’Europe ? Si Sarah Palin avait aimé Obama ? Si Cécile Duflot aimait l’écologie ? Si vous aimiez votre belle-mère ? Et vous, votre belle-fille ? Hein ?... 

Et bien… je n’aurais plus aucune raison de publier les Chroniques de Cupertino. Mais sur le fond, ça ne changerait rien car ma mère ne me donnerait en aucune manière le supplément d’argent de poche que je lui réclame depuis si longtemps, et pourtant on s’aime. Je vous l’assure.
  

Nous en sommes arrivés là, indicible fils de courant d’air, par l’égoïsme et l’hédonisme, érigés en valeurs de bon sens.
Chacun ne pense qu’à soi et veut jouir intensément de toute chose avant de mourir. Sans penser que nous vivons solidairement en société et que le but de chaque vie devrait être dominé par la préparation de l’avenir commun et non de ravager la planète sur laquelle nous vivons.
Nous avons laissé faire les politiciens, les banquiers, les riches, les autres et leurs pensées simples… pour avoir la vie la plus lisse possible, sans aucun souci, sans tension. Nous voulons la totale quiétude de l’instantanéité. 

Vénérable professeur, vos propos sont magnifiques de philosophie et de sagesse. Bien qu’un peu… jonque pour ne pas dire bateau.

Oui, honorable nem farci aux crevettes. Le business model d’Apple, favorisant l’intuitif, le beau, le lisse, le flux tendu, le spectaculaire, l’instantanéité, l’esthétique commercial, la pensée logique, l’innovation, la simplicité, le luxe pour quelques dollars en plus, l’aube éternelle de la modernité, est l’archétype de notre malheur et nous l’aimons.
Il est le symbole absolu de l’hédonisme moderne qui nous a conduit droit dans le mur.
Et c’est parce que nous l’aimons et que nous ne pouvons plus nous en passer, qu’il est grand temps d’aimer les hommes comme ils sont et non comme ils devraient être. Nous sommes perclus par l’amour que nous ne trouvons pas dans notre vie sociale.
La langue de l’amour et de la compassion s’est perdue par l’incompréhension qui fit chuter la tour de Babel. Chaque constructeur voulait être l’architecte, la tour s’est écroulée. Symbole d’une impossibilité humaine de vivre la compassion.

Nos sociétés ne sont pas au bord du chaos mais K.O. C’est la fin d’un cycle lunaire. Un nouveau cycle de neuf années commence. Le cycle 2002/2011 vient de se terminer avec la disparition de Steve Jobs. Ce cycle a vu naître l’iPod, l’iPad et l’iPhone4S. Le prochain cycle se terminera en 2020.
La crise va être beaucoup plus profonde qu’on peut l’imaginer. Elle balayera nos idées toutes faites. Personne ne sera à l’abri. Nous faisons un petit pas de plus dans la conscience collective humaine. Et Apple a son rôle à jouer, différemment. Elle risque d’être dévorée par son ombre. C’est le sens de la grande bataille entre Tim Cook et Attila Uturgur qui s’engage, là, sous nos yeux.
En attendant, mon salon de massage ouvert tous les jours de …  

Vénérable professeur, voyons !

J’ajouterais, remarquable buffle des rizières, qu’Attila Uturgur a compris instinctivement le business model d’Apple et l’a appliqué à la finance mais en trichant. Ce modèle est si puissant, qu’entre les mains d’Attila Uturgur, il a pu plonger le monde dans une détresse financière absolue. Il n’a fait que hâter l’inéluctable. Maintenant qu’il a détruit l’ancien monde de Steve Jobs, il s’en prendra à Apple. Est-ce que vous avez déjà parlé de mon restaurant…

Oui, vénérable professeur, Le Pont de la rivière Kwaï près du McDonald, porte de Choisy, Paris. Merci vénérable professeur.

Notre prochaine Chronique sera consacrée aux avocats d’Apple, la ligne de défense majeure de la gigantesque bataille qu’Apple est bien obligé de mener contre son ombre, le terrifiant Attila Uturgur et sa conscience haineuse. Avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.