Malgré les recommandations de prudence de ma mère, nous continuons avec courage la publication des témoignages sur le chef des Antimacs, l’abominable Attila Uturgur.
Edvy Plesnel, le journaliste des scandales, n’a pas voulu se joindre aux Chroniques dans cette affaire pourtant au degré neuf sur l’échelle du scandaleusement scandaleux, dite l’échelle de Plesnel de l’indignation qui en compte dix.
Je le regrette vivement pour lui.
Edvy Plesnel est mon modèle et je suis pétri d’admiration pour la manière dont il pourchasse son abominable président de la République avec une pugnacité exemplaire et en engageant courageusement son blog Mediapart.
Mais quand il verra notre audience s’envoler, il changera d’avis. Nous restons donc seuls à dénoncer ce scandale.
Au fond d’elle, je sais que ma mère sera fière de moi et tiendra la dragée haute à celle d’Edvy Plesnel qui, là, s’est montré particulièrement timoré.
Le directeur de la banque de Dnprptrvsk et homme politique, Piètre Andouillovitch, s’était réfugié, souvenez-vous, à Paris après l’affaire des Macintoshs sans Macintoshs (1). Et Attila l’avait suivi, entamant une extraordinaire carrière dans la finance.
Pendant ce temps, de l’autre côté de la terre, Steve Jobs à la tête d’Apple, allait de querelles hystériques en querelles énervantes, adorait l’expression « c’est nul à chier » qu’il sortait au moins une fois par jour à ses collaborateurs, débauche le vendeur d’eau sucrée de chez Pepsi, John Sculley, se brouille avec lui, essaie d’initier au traitement de texte Joan Baez, on voit par là le trésor de patience qu’il recèle dans son cœur, retrouve sa fille naturelle Lisa qu’il avait délaissée, se fait chasser d’Apple avec fracas, perd sa mère adoptive chérie, trouve sa sœur de sang Mona et sa mère biologique Joanne, prend conscience que les femmes qui formatent son émulation, font craquer son programme, piratent le logiciel de sa libido, sont interfacées hippy / consultante informatique / végétalienne, refuse de meubler sa belle maison préférant vivre à même le parquet et soigne son rhume avec des décoctions de racines de pissenlit.
A cette époque, Steve Jobs venait de fonder NeXT avec le petit e entre les capitales qui lui avait été facturé 100 000 $ par Paul Rand, l’inventeur du logo d’IBM. De flops en flops commerciaux, Steve continuait sa vie trépidante de riche Californien créatif souhaitant changer le monde en chantant Bob Dylan.
Sans se douter qu’Attila Uturgur continuait dans l’obscurité son travail de sabordage.
Sans se douter qu’Attila Uturgur continuait dans l’obscurité son travail de sabordage.
A Paris, Attila avait créé Piètre Andouillovitch Investments & Securities sous le label Pear/scoubidou et récoltait les fonds des héritiers. Ses produits financiers étaient vraiment parfaitement emballés.
Andouillovitch élégance permettait d’investir dans le luxe, surtout les 4X4 destinés à la classe dirigeante africaine mais aussi dans la fabrication de leurs valises spacieuses pour les billets de banque en destination des comptes suisses ou des partis politiques français.
Andouillovitch patrimoine vous permettait d’acquérir des haciendas sur les territoires impénétrables des cartels de la drogue au Pérou ou dans le nord du Mexique.
Andouillovitch énergie dans le solaire sibérien et les barrages du Sahel.
Ces lignes de produits étaient connues sous le nom prestigieux de « aElégance », « aPatrimoine », « aEnergie ». Certains étaient alors fort recherchés par les riches héritiers comme « aElégance4 ». Le « a » pour Andouillovitch, évidemment.
On se souvient avec émotion de la séance de lancement où des escadrons d’hôtesses vous tenaient compagnie avec des coupettes de champagne.
On avait appelé ces séances, toujours très attendues, des « banknotes ».
Attila était en scène, habillé simplement de son maillot blanc à pois rouge, insigne de son écurie de course réputée dans le Grand Prix de Longchamp.
Attila était en scène, habillé simplement de son maillot blanc à pois rouge, insigne de son écurie de course réputée dans le Grand Prix de Longchamp.
Il lançait un jeu de cartes en l’air et brandissait un as de cœur. Et voici l’unglaublich (incredible en allemand) « aElégance4 » qui pour la première fois vous ouvre le placement dans les ateliers de confection du Marais à Paris, France.
Tonnerre d’applaudissements.
Et une petite chose en plus : dans le transport et l’hébergement des spécialistes de la machine à coudre venus de Chine et du Sri Lanka. Et même dans les flottilles destinées aux voyageurs africains attirés par Lampedusa et l’Europe.
Un délire dans la salle.
Sur le fond de la scène, entre deux hôtesses vêtues d’un rien, étaient projetés sur fond rose une poire verte croisée d’un scoubidou bleu. Une étude avait clairement montré que les riches héritiers avaient un bon goût diablement baroque et que ce logo leur inspirait confiance. Attila avait payé 100 000 $ pour ce superbe logo créé par Jacques Séguéla, l’auteur de la publicité de Mitterrand "La force tranquille".
Ne remarquez-vous pas une étrange symétrie avec ce que faisait notre cher Steve Jobs ? Pear/ scoubidou ….la pomme, la poire et le scoubidou… les aBidules par rapport aux iBidules ? Les keynotes qui désignent les présentations de Steve (du nom de son logiciel de présentation de diapos) et les banknotes (de l’instrument préféré d’Attila) ? L’utilisation judicieuse du unglaublich, l’incredible en allemand, ce maillot blanc à pois rouge et le si beau maillot gris à col roulé de Steve. De ces sommes faramineuses dépensées pour des logos, 100 000 $ pour le petit e de NeXT pour Steve et strictement la même somme pour le banal « Pear / scoubidou » d’Attila… Etrange, non ?
Mais comment l’abominable Attila UTURGUR a-t-il réussi à s’enrichir considérablement plus encore ? Est-il vrai qu’il fut à l’origine de la crise financière que nous connaissons ?
Vous le saurez, lecteurs impatients, dans notre prochaine édition des Chroniques de Cupertino avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.
(1) Voir dernière Chronique.