jeudi 24 novembre 2011

La mère des révélations qui met Apple en grand danger – 17° épisode


Edvy Plesnel est excédé. Sa maman évite d’aller au marché et se fait livrer à la maison pour éviter de croiser ma mère si fière de son fils et prête à revoir cette affaire d’argent de poche, une discussion sans fin depuis des années entre elle et moi. Une heureuse issue en vue ?
L’audience des Chroniques vient de tripler grâce à la publication du complot d’Attila Uturgur contre Apple. Mais je tiens à préciser, particulièrement à Mediapart et à Rue89, que nous ne sommes pas à vendre. Enfin, tant que ma mère restera compréhensive. A la rigueur on peut me contacter pour un éventuel et hypothétique devis.

Rappelez-vous les explications du vénérable professeur Mehlang Chang, le célèbre économiste anthropopsychiatre, expert en psychologie  comportementale et l’un des meilleurs clinicien jobsologue.
Nous savons à présent comment Attila Uturgur, le chef des Antimacs, s’est constitué cette immense fortune qu’il a l’intention d’utiliser pour nuire à Apple. Mais pourquoi fait-il cela ? Tous mes confrères de la presse économique et psychiatrique s’interrogent sans apporter le moindre début de réponse.

Nous avons, nous, aux Chroniques de Cupertino, LA réponse. Et nous la dévoilons sans plus attendre car l’affaire est gigantesque.

Voilà le scoop, un troublant témoignage d’une dame que nous nommerons ici Mar.Y :

« J’étais dans ma cuisine quand on ma annoncé la mort accidentelle de John, mon mari.
Il venait de succomber sous un rouleau compresseur aplati avec un  Mac en bandoulière, très mince, un modèle que personne ne connaissait à l’époque.
Ce Mac est passé sous le rouleau et n’avait aucune égratignure tellement il était mince, vous vous rendez compte ?

J’avais les mains dans la farine et ils m’ont glissé le Mac sous la porte. J’y ai d’ailleurs immédiatement trouvé la recette d’un crumble que je cherchais depuis des jours.
Ce Mac n’avait pas bougé sous le rouleau. Mais je ne vous dis pas l’état de mon pauvre John.

Nous habitions alors à côté de Cupertino et j’ai fait savoir à Apple que j’avais un de leurs ordinateurs qui n’était sur aucun catalogue. Personne ne voulait me l’acheter de peur de passer pour un gogo.
Ils sont venus rapidement récupérer le Mac et m’en ont donné un autre, un vieux MacBook Pro reconditionné rayé et plein de taches de feutres et de stylos à bille. Sont un peu radins ? Non ? Mac, c’est écossais, non ?
Mais j’avais bien vu quelques temps après, que le Mac qui avait accompagné John dans son mortel amincissement, n’était pas un modèle courant.
On n’avait jamais su comment John était passé sous ce rouleau. Il quittait rarement les champs de courses.
Jamais il n’aurait mis les pieds sur un chantier, ni fréquenté une machine de terrassement, il détestait  salir ses chaussures en crocodile que j’ai bien revendues à la brocante de garage d’une voisine.
Je pense aujourd’hui que mon John a été purement et simplement assassiné. Car il en savait trop.

La mère de sa première femme était assistante sociale à l’époque où la Californie n’était  pas encore en faillite et disposait alors d’un orphelinat qui fonctionnait.
Un jour, me confia John, elle avait à placer deux enfants dont les parents, un Syrien je crois et une américaine d’origine suisse, voulaient se débarrasser. L’un a pu être placé à Mountain View chez une arménienne et son mari, un certain Jobs, mais l’autre frère, l’ainé, était vraiment moche, personne n’en voulait. Il avait été placé dans une famille en Ukraine qui payait cash. Et John avait vraiment besoin d’argent, le pauvre.
John m’avait dit qu’il tenait là un gros coup et qu’un Ukrainien extrêmement riche lui avait demandé de garder ça pour lui.
Mais John, vous ne le connaissez pas, est extrêmement bavard, surtout quand il boit. Je dis que c’est ça la raison de sa mort. Pas le whisky mais sa langue.  Il en savait beaucoup trop. Ils l’ont aplati.
Et de plus, John ne connaissait rien, mais nada, à l’informatique. Il ne savait même pas ouvrir le couvercle d’un portable, pour vous dire. On lui avait donné ce Mac fin et plat juste avant son assassinat.
Un MacBook Air, j’en suis sûre à présent. Un MacBook Air d’avant le MacBook Air. Il le portait en bandoulière, disait le rapport de la police, quand le rouleau compresseur lui est passé dessus.
Mais diable, que pouvez bien faire John à côté d’un rouleau compresseur avec un MacBook Air en bandoulière qui n’était même pas commercialisé alors qu’il savait à peine à quoi servent les ordinateurs ?
John, dans sa vie, est passé loin de l’informatique, c’était son côté poète décalé que j’aimais tant quand il était à jeun de temps en temps et qu’il ne me battait pas.
Rien ne colle dans cette affaire, comme vous voyez. Je vous en supplie, ne me citez pas. Je crains pour ma vie. Mais faites le chèque de soutien à mon vrai nom. Merci, et pas de photos, s’il vous plaît. »

Et Mar.Y ajoute en sanglotant : Je sers des yogourts à la boutique Fraiche d’Emerson Street. Depuis la mort de John, je ne suis plus obligée de faire des heures supplémentaires pour rembourser ses dettes. Je remercie Patama de m’avoir embauchée et j’en ai marre du bouffer des yogourts macrobiotiques. J’ai connu Steve Jobs qui venait souvent au restaurant. Je peux vous vendre une interview et vous saurez comment il engloutissait les yogourts en traitant les gens de gros nuls. Ca vous intéresse ?  Vous pouvez en parler mais ne donner pas mon nom de famille et ne parlez pas des horaires de mon service. Appellez-moi  Mar.Y,  c’est plus joli que Mar.X, non ? 

Attila Uturgur serait donc le frère caché de Steve ? Non, ce n’est pas possible. Nous ne pouvions y croire, comme vous. Et pourtant.
Cela expliquerait la haine de ce monstre ? Ses sombres menées contre Apple ? L’affaire d’Android, le système d’exploitation open source pour Smartphones copié sur Apple, c’est lui ! Rappelez-vous les colères de Steve qui voulait déclencher « une guerre thermonucléaire » contre eux. En fait contre son propre frère…

Steve savait. Il connaissait toutes les ficelles tirées par Attila Uturgur, son indigne frère de sang pétri de jalousie, vendu pour une poignée de dollars dans un pays de l’Est, un enfer gris peuplé de nationalistes, gouverné par la corruption, une zone hors la loi que personne en Californie, comme ailleurs, n’arrive à situer sur une carte. Alors que lui, Steve, a été accueilli par l’amour d’une vraie famille américaine dans le plus bel Etat des Amériques, la luxuriante, rayonnante, inventive, libre et riche Californie.

Attila a monté le plus grand système d’espionnage industriel jamais mis au point. Il collecte toutes les informations sur Apple et grâce à sa gigantesque fortune acquise frauduleusement, il déjoue les sécurités d’une des entreprises les plus secrètes du monde. Car chacun sait que rien ne sort de chez Apple, voyons. 
Et si bien, qu’il s’empare même des prototypes comme ce MacBook Air accroché à John, l’exécrable mari d’une assistante sociale. John, un trafiquant de bébés,  poussé sous le rouleau compresseur. Une double vengeance.
C’était un message clair : je sais tout et je suis capable de tout savoir sur toi. Et là on comprend la déstabilisation de Steve, cette manie de distordre la réalité pour oublier ce frère infâme, de s’en prendre à tout en chacun croyant qu’Attila, le frère maudit de l’Est, un pion bolchévique peut-être, était caché derrière chaque collaborateur d‘Apple et de traiter les gens de gros nuls ou de les injurier sans raison.
Les colères et inconduites légendaires de Steve s’adressaient à son indigne frère malfaisant et à ce qu’il représente : le monde en régression. 

Comment peut-on haïr la vie et l’œuvre de Steve Jobs ? Les observations du vénérable professeur Mehlang Chang nous apporteront ses lumières dans cette immense obscurité qui brusquement menace le monde. Ce jobsologue reconnu nous livrera ses observations cliniques et nous l’écouterons fébrilement avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.

vendredi 18 novembre 2011

La résistible ascension du chef des Antimacs - 16° épisode


Ma mère a rencontré la maman d’Edvy Plesnel. Elle s’est dressée sur la pointe des pieds et l’a regardée de haut, fière de moi, son fils.
La maman d’Edvy est furieuse. De plus, Edvy n’a pas du tout aimé qu’on le cite dans les Chroniques et pense à nous faire un procès en diffamation.

Mais revenons à nos courageuses révélations. Souvenez-vous.
Attila Uturgur a appauvri beaucoup de milliardaires. Car évidemment tous ces aProduits financiers étaient bidons. 
Mais leur ingénierie fut largement copiée. Et là, le parallèle avec Steve Jobs est encore frappant. L’industrie financière s’est emparée sans vergogne des créations d’Attila.
Mais en copiant les créations d’Attila, ils ont fait sauter le système financier mondial. Comment cela s’est-il fait ?  

Les grands patrons de banque, très occupés sur les plages des paradis fiscaux, appelaient leurs collaborateurs rageusement. Pourquoi les produits financiers d’Attila Uturgur avaient-ils toujours cent longueurs d’avance ?
Les gens n’ont pas envie d’investir dans des choses banales. Ils veulent des investissements nouveaux, simples, intuitifs… hurlait au téléphone le président de la banque Bananex Monde. Bon, il hurlait parce que les vagues de l’Océan Indien se cassaient trop bruyamment sur sa terrasse les pieds dans l’eau.
Regardez ce que fait Apple, c’est ingénieux, nouveau, élégant… ils font naître le marché, vous ne pouvez pas en faire autant ? Hein, qu’est-ce que vous dites… Et ben oui ! Préférons l’original à la copie ! Alors amenez-moi cet Attila Uturgur. Vite. Donnez-lui ce qu’il veut. On n’est pas ricrac avec l’argent, nous, pas comme chez Apple. Hein !

C’est ainsi qu’Attila prit la tête de Bananex Monde après les avoir tous traité de gros nuls. Vraiment. Et quand on lui présentait un nouveau produit financier, il criait « pretty shit ». Tous ont fui devant tant de violence, sachant, au fond d’eux-mêmes, qu’ils étaient des nuls. Encore un écho jobsien. Etrange, non ?

Attila inventa les produits financiers « dérivés ». Il avait préféré le terme « dérivés » à d’autres comme « masqués » ou « voilés ». Derrière il y avait, en effet, un tas d’indices divers dont les variations faisaient évoluer un graphique à la hausse ou à la baisse.
De « dérivés » émanait une idée d’abstraction scientifique et mathématique qui donnait une caution rationnelle et savante. Une incontestable élégance conceptuelle.
Attila vendait aussi toutes sortes de dettes.
Celles des épiciers mélangées aux dettes des braves gens embourbés dans le crédit de leurs maisons. Le tout  emballé sous le terme « subprime ». En  ajoutant à « prime » un « sub », on voulait dire que c’était plus risqué mais beaucoup plus rentable. Un coup de génie et un succès commercial immédiat : qui aurait pu résister à acheter pour 1 000 $ un lot de dettes dont la valeur nominale était de 5 000$ garantie par une hypothèque ?

Ces affaires financières étant terriblement complexes, nous avons fait appel à l’économiste anthropologue, psychiatre, expert en psychologie  comportementale et spécialisé notamment en jobsologie clinique, le vénérable professeur Mehlang Chang. 
Je l’ai rencontré  Au pont de la rivière Kwaï , petit restaurant qui sert des soupes aux raviolis à 5,5 € (et c’est copieux), près du McDonald, avenue de Choisy à Paris, France.
Le professeur est bien connu et de nombreuses vidéos de ses interviews circulent sur la toile.

Vénérable professeur, pouvez-vous nous expliquer comment l’affaire d’Attila Uturgur a pu prospérer d’une manière aussi successfull 

C’est assez simple, honorable salade de bœuf Bo bun. Attila vendait toutes sortes de dettes et même les dettes des Etats. Il appelait cette dette « souveraine ». Classe, non ? C’était de très grosses sommes mais habillées en « souveraines », qui aurait pu résister ?
Vous comprenez, bienheureux journaliste à la cervelle de riz trop cuit pétri d’anglicisme ?
Attila ne faisait que vendre des dettes. Il n’achetait jamais. Ce qui fit sa fortune. Vous comprenez ?

Expliquez-nous, vénérable professeur.

Les gens achètent et achètent et un jour, ils finissent par se demander ce qu’ils avaient acheté. En fait un énorme tas de dettes.
Voyant le vendeur de dettes de plus en plus riche, ils décidèrent de faire comme lui, vendre le tas de dettes. Mais là, plus personne ne se précipite pour les acheter. Surprise.
La psychologie comportementale enseigne depuis des millénaires : quand toi pas comprendre, c’est qu’il y a un loup, vend vite.

La plupart des gens n’inventent rien. Ils imitent et plagient, un peu comme vous les honorables journalistes engloutisseurs de menus à petits prix.
Leur mimétisme se rallie paresseusement aux modes et ils ont tendance à répéter ce que tout le monde admet : une folle envie de chic consensuel domine la volupté d’être et la plénitude des consciences brumeuses, vous voyez cela, honorable journaliste passé à la vapeur.
Autour de cette éternelle paresse universelle d’être, se construit l’homme, vous et moi.
Et les hommes sont tous frères dans cette paresse partagée, au-delà des croyances et des origines, tous dans le même rouleau.

Nous Chinois, sommes pris comme vous dans le même rouleau de printemps. Mais nous on ne se tourne pas les pouces en réunions interminables.
L’humanité se tient les coudes dans cette fraternité. Dans ce rouleau de printemps, le pauvre c’est la graine de soja germé. Le riche, c’est la menthe. 

Comme vous êtes plutôt du côté de la graine de soja germé et loin du brin de menthe, honorable plumé, je sais que vous n’avez même pas un yuan chinois = 0,114531182 euros  pour me payer. Alors je fais publicité pour l’un de mes excellents restaurants Le pont de la rivière Kwaï, avenue de Choisy à Paris, près du McDonald, ouvert tous les jours.

Mais vénérable Professeur Mehlang Chang, comment ce revirement vendeur s’est-il propagé à tous les rouleaux de printemps de par le monde ?

Honorable journaliste, quand le bruit circule que ce qu’on a acheté a perdu sa valeur, le mimétisme paresseux fait que tout le monde veut vendre dans la précipitation, même à perte.
La psychologie comportementale dit : vaut mieux se couper un doigt que de perdre la main.
C’est ainsi que la plupart des riches sont ruinés sur ce coup et ils piquent une crise.
Selon une autre loi de la psychologie comportementale : les gens sortent toujours en toussant d’un enfumage. Et ils ont toussé fort, honorable pastille au gingembre.

La crise piquée par les riches est arrivée vite chez vous, la plèbe, les graines de soja.
Ça ne touche pas moi car j’ai mon salaire à l’université et les restaurants, et, depuis peu, une salle de massage. Je suis plutôt brin de menthe.
Mais vous êtes la plèbe, inutile et encombrante, dont on pourrait se passer puisque tout se fait chez nous en Chine et malheureusement en Inde.
Vous savez, cette plèbe qu’il faut toujours sécuriser, loger, soigner, éduquer, informer, mettre au travail, faire voter et amuser. C’est vous.
C’est la plèbe qui doit payer.
Pourquoi ? Car elle doit aux riches tout ce qu’elle a et surtout elle ne peut pas se payer un bon avocat. Et là, la plèbe pas contente, se rebiffe.
Etrange. Pourquoi la plèbe n’est-elle jamais reconnaissante ?
Pourquoi rechigne-t-elle à payer ? Donner avec générosité ses misérables trois sous grappillés sans gloire ?
Pourquoi ne comprend-elle pas que 20% de la population brin de menthe est condamnée à accumuler 80% des richesses ?
Oui hélas, condamnée, honorable délice parfumé à la sauce au soja. La règle des 80/20 est universelle et éternelle. Pourquoi vous les pauvres, vous n’en avez rien à cirer ?

Attila Uturgur ne répondra pas aux questions fondamentales du vénérable professeur Mahlang Chang. Il avait disparu la veille de l’arrestation de son ami Bernard Madoff et du suicide de Piètre Andouillovitch.

Une chose est certaine : Attila a voulu appliquer le think different de Steve Jobs. Il a changé le monde en le détruisant.
Attila a maintenant les coudées franches. Extrêmement riche, il est prêt à parachever son œuvre destructrice en s’attaquant à Apple.
Mais pourquoi donc Attila Uturgur se retourne-t-il contre Apple? Qu’est-ce donc cette étrange obsession ?

Vous le saurez, honorables lecteurs impatients, dans notre prochaine édition des Chroniques de Cupertino avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.

vendredi 11 novembre 2011

Révélations exclusives sur le chef des Antimacs - 15° épisode


Malgré les recommandations de prudence de ma mère, nous continuons avec courage la publication des témoignages sur le chef des Antimacs, l’abominable Attila Uturgur.

Edvy Plesnel, le journaliste des scandales, n’a pas voulu se joindre aux Chroniques dans cette affaire pourtant au degré neuf sur l’échelle du scandaleusement scandaleux, dite l’échelle de Plesnel de l’indignation qui en compte dix.
Je le regrette vivement pour lui.
Edvy Plesnel est mon modèle et je suis pétri d’admiration pour la manière dont il pourchasse son abominable président de la République avec une pugnacité exemplaire et en engageant courageusement son blog Mediapart.
Mais quand il verra notre audience s’envoler, il changera d’avis. Nous restons donc seuls à dénoncer ce scandale.
Au fond d’elle, je sais que ma mère sera fière de moi et tiendra la dragée haute à celle d’Edvy Plesnel qui, là, s’est montré particulièrement timoré.

Le directeur de la banque de Dnprptrvsk et homme politique, Piètre Andouillovitch, s’était réfugié, souvenez-vous, à Paris après l’affaire des Macintoshs sans Macintoshs (1). Et Attila l’avait suivi, entamant une extraordinaire carrière dans la finance.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la terre, Steve Jobs à la tête d’Apple, allait de querelles hystériques en querelles énervantes, adorait l’expression «  c’est nul à chier » qu’il sortait au moins une fois par jour à ses collaborateurs, débauche le vendeur d’eau sucrée de chez Pepsi, John Sculley, se brouille avec lui, essaie d’initier au traitement de texte Joan Baez, on voit par là le trésor de patience qu’il recèle dans son cœur, retrouve sa fille naturelle Lisa qu’il avait délaissée, se fait chasser d’Apple avec fracas, perd sa mère adoptive chérie, trouve sa sœur de sang Mona et sa mère biologique Joanne, prend conscience que les femmes qui formatent son émulation, font craquer son programme, piratent le logiciel de sa libido, sont interfacées hippy / consultante informatique / végétalienne, refuse de meubler sa belle maison préférant vivre à même le parquet et soigne son rhume avec des décoctions de racines de pissenlit.

A cette époque, Steve Jobs venait de fonder NeXT avec le petit e entre les capitales qui lui avait été facturé 100 000 $ par Paul Rand, l’inventeur du logo d’IBM. De flops en flops commerciaux, Steve continuait sa vie trépidante de riche Californien créatif souhaitant changer le monde en chantant Bob Dylan. 
Sans se douter qu’Attila Uturgur continuait dans l’obscurité son travail de sabordage.

A Paris, Attila avait créé Piètre Andouillovitch Investments & Securities sous le label Pear/scoubidou et récoltait les fonds des héritiers. Ses produits financiers étaient vraiment parfaitement emballés.
Andouillovitch élégance permettait d’investir dans le luxe, surtout les 4X4 destinés à la classe dirigeante africaine mais aussi dans la fabrication de leurs valises spacieuses pour les billets de banque en destination des comptes suisses ou des partis politiques français.
Andouillovitch patrimoine vous permettait d’acquérir des haciendas sur les territoires impénétrables des cartels de la drogue au Pérou ou dans le nord du Mexique. 
Andouillovitch énergie dans le solaire sibérien et les barrages du Sahel.

Ces lignes de produits étaient connues sous le nom prestigieux de « aElégance », « aPatrimoine », « aEnergie ». Certains étaient alors fort recherchés par les riches héritiers comme « aElégance4 ». Le « a » pour Andouillovitch, évidemment.

On se souvient avec émotion de la séance de lancement où des escadrons d’hôtesses vous tenaient compagnie avec des coupettes de champagne.
On avait appelé ces séances, toujours très attendues, des « banknotes ». 
Attila était en scène, habillé simplement de son maillot blanc à pois rouge, insigne de son écurie de course réputée dans le Grand Prix de Longchamp.
Il lançait un jeu de cartes en l’air et brandissait un as de cœur. Et voici l’unglaublich  (incredible en allemand) « aElégance4 » qui pour la première fois vous ouvre le placement dans les ateliers de confection du Marais à Paris, France.
Tonnerre d’applaudissements.
Et une petite chose en plus : dans le transport et l’hébergement des spécialistes de la machine à coudre venus de Chine et du Sri Lanka. Et même dans les flottilles destinées aux voyageurs africains attirés par Lampedusa et l’Europe.
Un délire dans la salle. 
Sur le fond de la scène, entre deux hôtesses vêtues d’un rien, étaient projetés sur fond rose une poire verte croisée d’un scoubidou bleu. Une étude avait clairement montré que les riches héritiers avaient un bon goût diablement baroque et que ce logo leur inspirait confiance. Attila avait payé 100 000 $ pour ce superbe logo créé par Jacques Séguéla, l’auteur de la publicité de Mitterrand "La force tranquille".

Ne remarquez-vous pas une étrange symétrie avec ce que faisait notre cher Steve Jobs ? Pear/ scoubidou ….la pomme, la poire et le scoubidou… les aBidules par rapport aux iBidules ? Les keynotes qui désignent les présentations de Steve (du nom de son logiciel de présentation de diapos) et les banknotes (de l’instrument préféré d’Attila) ? L’utilisation judicieuse du unglaublich, l’incredible en allemand, ce maillot blanc à pois rouge et le si beau maillot gris à col roulé de Steve. De ces sommes faramineuses dépensées pour des logos, 100 000 $ pour le petit e de NeXT pour Steve et strictement la même somme pour le banal « Pear / scoubidou » d’Attila… Etrange, non ?

Mais comment l’abominable Attila UTURGUR a-t-il réussi à s’enrichir considérablement plus encore ? Est-il vrai qu’il fut à l’origine de la crise financière que nous connaissons ?
Vous le saurez, lecteurs impatients, dans notre prochaine édition des Chroniques de Cupertino avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.

(1) Voir dernière Chronique.

vendredi 4 novembre 2011

Le complot contre Apple. J’accuse ! - 14° épisode


C’est énorme je le sais. Ma mère pense que je devrais me taire. Mais la mémoire de Steve Jobs m’encourage. N’avait-il pas dit lors de son discours légendaire à Stanford qu’il fallait aller au bout de soi-même et échapper toujours et encore aux dogmes qui veulent penser à notre place ?
Et surtout d’être insatiable et même fou ?

Alors, oui, j’accuse à fond !

J’accuse Attila Uturgur de mener le complot antimac depuis le tout début, depuis que les Jobs avaient donné leur garage à leur fils adoptif Steve ! C’est lui qui grillait les composants la nuit en entrant par effraction par la petite fenêtre du fond obligeant l’ami Steve Wozniak à tout refaire le lendemain.
J’accuse ce personnage malfaisant d’avoir vendu du mauvais LSD à Steve Jobs, de l’avoir plongé dans le désarroi relationnel, d’avoir semé la zizanie chez Apple en 1985 et poussé Steve à démissionner de sa propre affaire.
J’accuse ce monstre vipérin d’avoir fait pleurer si souvent le pauvre Steve après ses nombreux éclats de colère incontrôlée.
J’accuse ce malappris imbuvable d’avoir, à l’époque, égaré Steve dans le choix du processeur Motorola au lieu de pencher de suite vers le processeur Intel.
J’accuse le méphistophélique Attila Uturgur de prolonger les tournoiements des frisbees arc en ciel signalant que l’OS travaille ailleurs.
Je l’accuse d’avoir tout fait pour détériorer la carte graphique du Mac de mon neveu le lendemain de l'expiration de son Apple care.
La liste de ses actions malfaisantes est longue et les Chroniques de Cupertino lancent un appel à témoignages ! Si vous avez entendu parler d’Attila Uturgur, si vous avez connaissance d’une de ses nombreuses menées antimac, ayez le courage de vous levez et de clamer haut et fort votre indignation !

Notre équipe, complètement indignée,  a monté ce dossier exclusif d’un scandale qui touche les plus hauts sommets de l’industrie financière et de là, j’ai le vertige.

Nous savons qu’Attila a été pendant des années le complice de Piètre Andouillovitch. Il a été impliqué dans de nombreux trafics de matériel informatique et a n’a jamais lésiné à piéger les gerbes des monuments aux morts pour parvenir à ses fins : la déstabilisation.

Voici le témoignage de sa mère adoptive, Natalia Uturgur:
« J’avais accepté de bon cœur l’argent qu’on me donna pour adopter Attila. Je l’ai élevé comme j’ai pu. Et n’ai rien à voir avec son alcoolisme précoce.
A l’école des petits, il avait pris l’habitude de fumer le cigare et personne ne pouvait l’empêcher  de détrousser de leurs biberons les bébés de la nurserie voisine. Je n’ai plus aucun contact avec Attila.
Pourtant nous l’aimions bien, il s’occupait à merveille de l’herbe de notre gazon qui, après son passage, ne repoussait plus.

On ne peut pas dire qu’il maltraitait ses camarades de classe mais ils ont tous voulu redoubler et lui seul est passé dans la classe supérieure. Il était si débrouillard ! A force de les laisser tous sur place, il a été le seul candidat au concours  de l’école militaire. Il a été reçu brillamment.
Je sais qu’il avait un frère qui avait été adopté en Amérique. De tous les enfants qui mendiaient pour moi,  Attila était mon préféré. Je n’ai plus aucune nouvelle de lui.
Merci de m’avoir donné tout cet argent. Je trouverai sans doute une autre photo de lui pour un peu plus cher. Repassez me voir sans faute à la fin du mois. »  

Sa logeuse, Mme Dnis Proprtrvskde, se souvient bien d’Attila.
Elle nous déclare :
« Un garçon vraiment charmant. Il n’a jamais payé  son loyer en retard. Et me reprenait les billets de son loyer acquitté rubis sur l’ongle quand le boucher ou la banque les refusait. Et il les changeait tout de suite avec d’autres plus neufs et plus jolis.
Le banquier me demanda même son adresse et Attila travailla pour eux. Et depuis la banque acceptait tous les billets de son loyer. Mais le boucher faisait toujours des grimaces en les voyant. Et puis finalement,  j’ai payé tout par chèque, comme ça on ne pouvait pas voir les billets qui déteignaient et faisaient des taches sur les vêtements car l’encre mettait un temps fou à sécher. Avec les chèques, c’était mieux. C’était le caissier de la banque qui se salissait les doigts, ce fainéant.
Mon mari, Pnis, que dieu le garde surtout, avait aménagé la cave en logements à louer. C’était le début de notre fortune. Attila m’avait vendu des actions Import Export Piètre Andouillovitch. Il importait à l’époque des ordinateurs américains de marque Macintosh. Vous connaissez ?

Nous en avions vraiment besoin ici. Car on ne savait plus où mettre les fiches. Imaginez : chaque citoyen a une fiche et parfois dix, vingt fiches. Moi je faisais des fiches sur mes voisins et mes voisins faisaient des fiches sur moi. On remettait ça chaque semaine au ministère contre 50 kopeks la fiche et on arrivait à en vivre comme ci comme ça.
Moi, je n’oubliais aucun détail. Ce que celle-ci ou celui-là avait dit et fait, leurs remarques, la manière dont ils mangeaient le boulgour aux harengs ou le goulasch aux snorkels.
Après tant d’années ça devait en faire des fiches. Surtout que tout le monde s’y est mis.
On savait qu’ils construisaient des hangars et des hangars pour les ranger, c’était un secret pour personne. Mais il faut dire une chose : au moins tous nos jeunes avaient un boulot car il fallait lire les fiches, en parler à la police et même les mettre en ordre.

Je regrette cette époque où on s’intéressait vraiment au peuple. Maintenant tout le monde s’en moque. Ils disent n’importe quoi et personne n’en prend note. On ne s’imagine pas à quel point les gens sont laissés aujourd’hui à eux-mêmes.

Quand Attila est venu avec ses Macintoshs, on était tous soulagés. Tout le pays s’est mis à l’informatique. Le gouvernement en commanda des wagons. On pouvait enfin faire des fiches de police sur tout le monde sans remplir des hangars, disait Attila à la radio. 

Mais quand on a installé les Macintoshs, on s’est rendu compte que sous le châssis et bien,  y avait rien.
Attila disait que c’était normal, le cerveau des Macintoshs est puissant. Il est dans la coque. La modernité, quoi. Et il promettait de passer dans tout le pays pour apprendre aux gens à mettre correctement la prise de courant.  
Les actions Import Export Piètre Andouillovitch étaient montées en flèche quand Piètre Andouillovitch devint ministre du commerce extérieur. Puis se sont effondrées après la livraison des ordinateurs. Et quelques semaines plus tard, ce brave homme a dû quitter précipitamment notre si beau pays pour s’exiler à Paris. Quelle tristesse !

J’ai partagé moitié moitié les bénéfices avec ce brave Attila qui, heureusement,  m’avait fait vendre les actions la veille du krach. 
Il partit rejoindre, par amitié je suppose, son ami Andouillovitch en France. 

Nous avons 6666 Macintoshs à vendre. Paraît que tous les musées en recherche et que même sans rien dedans, ça vaut cher. Mais dedans il y a imprimées sur le châssis les signatures de Steve Jobs et des inventeurs. Pour 6666 $ vous en prenez un ? Ca vous intéresse ? »

A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine chronique de Cupertino qui dévoilera un nouveau témoignage accablant sur le chef des Antimacs, l’abominable Attila Uturgur, qui tire les ficelles du complot. Oui, il y a bien un complot contre Apple et nous continuons nos révélations exclusives avec courage. Et avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.