dimanche 16 octobre 2011

Le secret d’Apple du comment demain sera fait - 11° épisode


Dans la précédente Chronique je vous ai présenté une partie du service Marketing d’Apple qui est chargé des questions du comment demain sera fait.
Bien entendu, la firme de Cupertino maîtrise complètement le futur technologique.
Phil Schiller, le patron incontesté du marketing, vient d’ailleurs de recruter une troisième personne dans son service pour renforcer sa capacité d’anticiper l’avenir.
Depuis peu, à côté de Big Foot et d’Elastoc (1), il y a Doroty Sun dite Mam Sun. Elle s’est tout à fait adaptée à l’ambiance indienne des grandes plaines et ses robes gaiement cartomanciennes ajoutent une note gypsie particulièrement appréciée par Tim Cook et Phil. Cette équipe est vraiment branchée sur demain.

Mam Sun nous vient de Lehman Brothers. Souvenez-vous, Lehman, cette banque dont personne n’a jamais compris les produits financiers sophistiqués vendus aux clients.
Dès qu’un nouveau produit financier était mis en vente, genre certificat d’investissement Bananex-maxdemax, pouvant rapporter des tas et des tas à vos économies placées, tous les cadres de la boîte venaient la voir pour comprendre ce dont il s’agissait.
Maxdemax s’articule selon la loi des errances improbables et des conjonctions évitées d'après une formule dont les variables sont la décadence de l’Europe, la chute de l’Euro, l’augmentation du chômage, la vente d’anxiolytiques,  le taux de suicide, le nombre de voitures brûlées et le tout pondéré par l’IDPF, l’indice de dédain pour la plèbe, mesuré par Forbes. La croissance de ces variables devait générer un max de max de bénéfices.

Doroty Sun était réceptionniste au siège de Lehman et déchiffrait sans peine  tous les produits financiers du catalogue inventés par nos ingénieurs issus de Polytechnique, Paris, France. Les dirigeants de Lehman venaient la voir en secret et payaient gros pour comprendre. 

Etonnés et ravis, les dirigeants de Lehman lui confièrent la direction de Mam Sun predicting stocks, une grosse affaire qui comprenait pas moins d’une cinquantaine de voyantes traders. Elle publiait en ligne les horoscopes des actions et anticipait les parités des grandes monnaies selon les conjonctions Saturne-Jupiter et les arcanes du calendrier maya.
Doroty devint fébrile dès 2006 après un déjeuner avec Paul Jorion. Ebranlée, elle dîna le soir même avec Bernard Madoff, le si jovial grand capitaine de l’industrie financière américaine, ami d’Attila Uturgur (2) soit dit en passant, qui lui avait parfaitement compris le placement Bananex-maxdemax.
La nuit qui suivi, elle regarda de près le pedigree de ces jeunes ingénieurs français, formés à grands frais par les contribuables à bérets dans les écoles républicaines élitistes de Paris, France.
Elle prédit la première, à vrai dire après Paul Jorion, la faillite de Lehman Brothers. Elle eut effectivement lieu le 15 septembre 2008, en créant un max de max de soucis à tous ceux qui avaient acheté du Bananex-maxdemax.

Ceci pour vous montrer le talent incredible qu’avait Steve Jobs pour dénicher des collaborateurs de première classe. Mais revenons à LA boîte de Cupertino. Les présentations faites, voilà comment travaillent les collaborateurs de Phil Schiller, le génial patron des marketeurs d’Apple.
Phil songe souvent à les licencier tous mais n’en fait finalement rien, à ma connaissance. Pourquoi ne les licencie-t-il pas ? Phil est un homme simplement bon, quoi qu’en disent les Antimacs jaloux.

Prenons une journée normale comme cela se passait entre deux lancements de Steve d’un nouveau bijou technologique dans une galerie d’arts ou entre deux keynotes de Tim dans une salle de fitness.

Big Foot est là au lever du soleil et prend un french café avec Elastoc (1). Il s’agit d’un café bio équitable de Carrefour ramené des dernières vacances à Pithiviers, Beauce, France. Ils l’accompagnent habituellement de plusieurs  verres de vodka en hommage aux Indiens Cheyenne qui ont un goût immodéré pour toutes les eaux de feu. Comme le prouve les Ugh qui ponctuent leurs déclarations. Uhg ! étant notre hic ! Avec l’accent cheyenne, évidemment.

Puis Elastoc prépare un calumet, ils s’asseyent en rond, ce qui à deux est assez facile et rapide. A ce moment arrive Mam Sun en titubant, échevelée, sa robe à coquelicots, jonquilles et roses élégamment déchirée. Dorothy Sun s’était mise en ambiance toute la nuit à la Mezzanine de Jessie Street. Elle était prête.

Ils allument un feu de bois. Les tambours de cérémonie sont sortis et Mam Sun fait frémir son tambourin. 
La fumée et les premiers coups de tambours donnent le signal. Big Bug du service Virus, s’extraie de la piscine de la cafét et accoure. Tim arrive en corde à sauter et avale sa 12° cannette caféine Mountain Dew.
Une grande photo de Steve est hissée sur la tribune d’honneur et autour de Tim Cook : Jonathan Ive (design), Scott Forstall (encore appelé bogosse, le ténor des logiciels) et Phil Schiller bien sûr inquiet de la performance de son équipe marketing dans l’arène et, dans la loge des invités, le Dallai Lama, une délégation des moines bouddhistes du centre de méditation de Montain View parmi lesquels je me suis glissé et bien sûr Patama, la plantureuse patronne de la boutique de yaourts macrobiotiques FRAICHE sur Emerson Street ainsi que Mary la serveuse (3).
Arrivent en tenue rouge fluo, les derniers vainqueurs de l’Amgen Tour of California, le Tour cycliste de Californie, invités par Tim.
Et Heudebert, Leocadie et Pricillia Sanchez, l’équipe design est au complet.

Sortent d’on ne sait où, les cheerleaders qu’on appelle ici les Apple Apple Girls et la iFanfare de LA boîte, hésitante, dissonante, insupportable mais si merveilleuse, dit-on.  
Et les petits et leurs grand’mères de l’école maternelle de Fresno montent à l’étage et prennent des photos.
Tous les services sont là pour voir la keynote Mam Sun et les chamans. Et là commencent leurs stupéfiantes réflexions sur le comment demain sera fait.

A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine chronique de Cupertino en technicolor. Nous saurons enfin dans le détail comment Apple lit l’avenir en suivant comme si vous y étiez, la keynote légendaire de Mam Sun et les chamans, avec la délicatesse qui convient. Encore un mystère d’Apple dévoilé pour vous. Si vous le voulez bien, évidemment. Et une pensée pour Steve qui se marre bien à présent.

(1)  Il s’agit de Floquette Grandpied dite Big Foot et de James Smimoff Sputnik Stolichnaya Elastockovitch dit Elastoc. Voir précédente Chronique.
(2)  Le chef mythique des Antimacs
(3)  Mary est veuve. Son mari John avait été cruellement écrasé par un rouleau compresseur. C’est horrible. Voir « Le design des ordinateurs Mac » dans une précédente Chronique de Cupertino.