jeudi 6 octobre 2011

Ecran noir - 9° et bien triste épisode

En ce jour tant redouté, les premiers témoignages affluent sur notre forum des Chroniques de Cupertino.
Ce matin, toute notre équipe des Chroniques a la vague à l’âme alors que nous savions hélas que l’issue de la maladie de Steve lui sera fatale. Nous sommes tous simplement tristes comme vous.
Ci-dessous un rapide copier coller des premiers messages reçus. Nous avons complété les qualités des personnes qui partagent notre douleur car tous sont comme nous des anonymes qui avons pour Steve un très grand respect.
Floquette Grandpied dit : Steve avait un sens profond de la relativité en toute chose. Il n’était pas spectateur de la mécanique quantique mais un acteur. Laissez-moi pleurer. Il avait construit de beaux et simples outils pour mieux comprendre, en l’aimant, le beau désordre apparent de la vie. Bye Steve, tu restes prés de moi.
(Dite Big Foot, employée au service Marketing d’Apple)
John B. Bugg dit : Je perds un ami qui connaissait comme personne les ressorts de la création industrielle et savait en faire usage pour le bien commun. Dans le Mahâbhârata, alors que la bataille de la vie et de la mort va s’engager, Krishna suspend le temps. Respectons le silence de la vie qui rencontre la mort. Ecoutons chanter la Bagavad Gita. Tu me manques, Steve.
(Dit Big Bug, responsable du service Virus d’Apple)
Pricillia Sanchez dit : Steve savait qu’un bon ordinateur, c’était un très bel ordinateur. Quand le beau rejoint l’utile, la vie s’allège. Vous ne pouvez pas savoir comme je suis triste. Il savait contenir la laideur. Vous en connaissez beaucoup qui peuvent donner ça au monde ? Il fait partie de ces quelques uns.
(Employée du service Design d’Apple)
Un moine bouddhiste de Mountain View dit: La mort et la vie se rejoignent et tissent la toile des forces universelles qui nous portent. Steve avait eu cette vision du Net. Donner à l’homme la possibilité d’ouvrir son esprit par l’outil informatique, même si ce n’est qu’une petite ouverture, c’est déjà une très grande œuvre. 
(Anonyme du Centre de méditation de Mountain View)
Mary dit : J’ai connu Steve alors que je servais avec Patama les yogourts macrobiotiques à la boutique FRAICHE d’Emerson Street. J’aimais ses yeux qui allaient bien au-delà de ce qu’il voyait. Quelque chose d’invisible jaillissait de lui comme une bonté contenue et pudique. Son corps mangeait mes yogourts mais son âme regardait le monde et voulait avec force qu’il soit un peu meilleur. Il portait en lui la force de la baie de Frisco qui semble certains jours porter le Golden Gate au-dessus de la brume.
( Mary est veuve, son mari John avait été accidenté par une machine de chantier)
Grand’mère dit : Steve accordait une grande importance à l’éducation. C’était un réaliste profondément humaniste. Un vrai idéaliste moderne qui croit ferme que le beau, le vrai, l’utile et le bon peuvent se rencontrer dans ce monde peuplé de sceptiques. Quelle trempe ! Il y a comme un morceau du paysage de Santa Clara qui vient de nous être arraché.
(Déléguées des grand’mères des écoles maternelles de Fresno)
Maman dit : J’ai appris par la radio. Viens vite je sens que tu ne vas pas bien.
Ma réponse : j’arrive, je ne sais pas pourquoi mais je me sens brisé. C’est bête, non ?