Au cours de la dernière Chronique de Cupertino, je vous ai
dévoilé la fantastique et incredible
machine à produire de la vision d’avenir chez Apple.
Vous avez ainsi découverts, lecteurs chanceux, comment cette vision du futur est forgée
par une équipe talentueuse que son responsable Phil Schiller compte licencier
mais ne le fait pas et vous en connaissez à présent les raisons (rappel : c'est un homme simplement bon).
Ce scoop de taille a, depuis sa publication, fait imploser
notre standard et saturé nos
forums.
Oui, j’étais présent à cette mémorable keynote dite Mam Sun et les chamans. J’étais l’un des
moines bouddhistes de la délégation du centre de méditation transcendantale de
Montain View. J’ai vu les deux
sachems et la bohémienne autour du grand feu. J’ai fait passer le calumet
cheyenne et la bouteille de vodka. J’ai entendu les chants incantatoires et le
tambour sacré ainsi que les castagnettes de Mam Sun (1).
Ils nous ont révélé, cette nuit-là, le futur des
technologies : les iPad
seront directement alimentés par l’énergie solaire, on payera avec nos
téléphones portables qui remplaceront les cartes bancaires, nos écrans d’iPhone seront bientôt
plastiques et extensibles, nos télés seront de vrais ordinateurs branchés sur
le Net et ouvertes à toutes les télés en ligne du monde, la reconnaissance
faciale permettra de repérer les visages publiés sur le Net, le mode 3D sur
tout écran, la commande synaptique pilotera les engins électroniques et
l’Elysée, le Sénat et l’Assemblée nationale baisseront leurs frais de
fonctionnement de 50% et plus encore.
Je tiens ici à copier coller les toutes dernières questions
reçues et les réponses que j’ai données. En respectant les pseudo, bien
entendu.
Cartonde6Bojolpifrose dit :
Je suis fasciné par ces nouvelles révélations des Chroniques.
Dans ce futur fulgurant, quelle sera la place du vin ?
Notre soif pourra-t-elle commander directement un canon ? La commande sera
lancée sous notre peau par les synapses de notre système nerveux. Mais la
technologie sera-t-elle assez fine pour distinguer nos envies de rouge, de
rosé, de blanc ou même d’une coupette de champagne et même un simple
demi ?
Quand notre soif commandera, il faudra bien qu’il y ait un
comptoir compatible en face pour verser le verre ?
Ma réponse :
Cher Carton, ces technologies vont effectivement bouleverser les bistros. Plus
de temps perdu dans des propos inutiles. Le
« patron ! Un blanc sec ! » Aura disparu de notre
langage. Et l’on pourra se consacrer d’emblée aux propos de comptoir. Rapidité
et silence de la commande. Service sans erreur et le stupide « pour qui, le blanc sec ? » du
patron embrouillé et souvent éméché, ne sera plus qu’un désagréable souvenir.
Et on lancera sur le zinc son iPhone qu’on aura préalablement réduit à la
taille d’un confetti, en disant royalement « patron, marque dessus ce que je dois ».
Bouilliebordelaise
dit : Il m’est vraiment difficile de vous suivre et si je le fais, c’est avec
stupeur. Si la reconnaissance faciale sera un critère efficace de recherche sur
le Net, nous n’aurons plus d’intimité.
On me trouvera forcément. Plus d’anonymat, plus de spontanéité. Nous
rentrons dans Big Brother. Mais pour qui roulez-vous aux Chroniques de Cupertino ? Travaillez-vous pour l’Elysée ou le
Pentagone ?
Ma réponse :
Chère Bouillie, j’essaie de faire
honnêtement mon travail de chroniqueur en diffusant des scoops quand j’en ai
un, ce qui m’arrive très rarement. Je ne travaille pas pour une quelconque puissance
policière. Je paye de lourds impôts sur le peu que je gagne. Si vous voulez
échapper à la reconnaissance faciale, portez un masque, comme celui des Anonymous.
Ce n’est pas très élégant mais terriblement efficace. Evitez les masques
vénitiens, c’est encore plus moche. Par contre, un petit loup vous irez à
ravir, ma chère Bouillie.
PurKif dit : Ouais la c le délirre,
ça déchirre, la crise, prize de têt, yoo donner d’la tune avec l’aifon !
Et comment chouravé la tune ? Hein ? Avec l’aitune peut-on s’faire
d’la tune ?
Ma réponse :
Mon cher PurNase, Je vous signale tout de même que nous ne fêtons pas encore le
Têt. Vous exprimez votre
étonnement devant cet avenir des technologies qui pourtant est sérieusement en
marche. N’essayez pas de pirater une appli d’Apple. Nous sommes en deuil depuis
ce fatal 6 octobre 2011, voyons, respectez un peu les choses. Je ne crois pas
que ce soit ici le lieu de faire la promotion de vos raps médiocres qui donnent
à eux seuls un plan de travail quinquennal à nos professeurs des écoles férus
d’écrits pédagogiques. Des écrits sur vos écrits seront un best seller pour les
éditeurs.
Zegromignon dit : Alor la le plan pour nou piqué nos
économis. De vré pièje à kon, oui. Vous vous randé conte l’avenir que prépare
le capitalism mondialisé. La révolt me pren au ceur et à la colonne. Je sui
indiné.
Ma réponse : Grotrognon, Laissez de côté le Chœur de
l’Orchestre Colonne. Ces gens n’ont rien à voir avec vos propos antimacs et
vous ne les aurez pas pour un dîner. Vous devriez déjà être viré de ce forum.
Je boue. Je suppose que votre correcteur d’orthographe a dû rester dans le
camion quand votre ordinateur vous est tombé dans les bras.
Pilhuit dit :
Je n’y vouique que pique. Comment ça germine cette gramine ? Flouit.
Ma réponse :
Cher Truite, vous n’avez donc rien comprouit, j’en suis désolamine. Amine dada.
A flouit aussi.
FlipflopXmines
dit : Excellent. Voilà une vision claire d’une perspective avec son point
de fuite, delta. Et, évidemment, les erreurs de parallaxes ne sont jamais
intégrées. L’exponentielle ne suffit pas à fausser l’intégrale. Tout varie en
fonction des variables sauf les paramètres. Pour moi le point central enroule
le temps. Le point. Delta.
Ma réponse :
Cher Xmine, vous avez soulevé une question qui montre à quel point notre
système français de formation de très haut niveau des élites fait avancer
vertigineusement notre beau pays. Vous manquez cruellement à Cupertino et ils
ne le savent pas. A Delta aussi.
Lapairdebraise
dit : Je suis mal. J’ai été lâchement plaqué par ma copine. Je ne sais
plus ce qu’est l’amour. Je n’ai plus le goût à rien. Mon cœur est vide dans cette
solitude mais depuis mon portefeuille est plein. Que vais-je faire de tout cet
argent économisé alors que le monde est un désert ? Qui me rendra
Petula ? Dois-je vivre ou mourir ? Je ne sais.
Ma réponse :
Mon cher Pèrelachaise, tant que votre portefeuille est bien garni, espérez.
Pour deux raisons, ne l’oubliez jamais. D’abord un portefeuille garni a
toujours eu un effet magnétique et vous le constaterez vite, malgré le peu
d’attrait que vous semblez exercer sur les femmes. Et ensuite, vous avez de quoi
suivre les évolutions technologiques au premier rang des happy few qui vont se
payer cash dès leur sortie l’iPhone5, l’iPad3, l’iBoard1, l’iMat1 ! Vous
êtes vernis ! Cessez de
geindre ! Peut-être vous serez un jour un geek (2) vous aussi !
L’amour déçu fera de vous un très bon informaticien en chambre. Écrire un
logiciel est de loin moins décevant que d’écrire à Petula qui ne vous répondra
jamais.
Ligneblanche
dit : Quel trip cette keynote avec la voyante et les sachems. Je suis
personnellement intéressé par le calumet qui circulait cette nuit là.
Pourriez-vous me donner quelques infos sur ce que contenait son fourneau ?
C’est époustouflant sidérant.
Ma
réponse : Je vous souhaite de tenir jusqu’à la prochaine keynote.
Soyez calme et patient. Nous sommes tous en manque et bien forcés d’attendre en
espérant ferme qu’Apple continuera, comme avant, à nous charmer.
Lemasque dit : J’espère
bien qu’on n’entendra plus parler de ces innovations qui ne servent à rien et
qu’Apple devienne une société médiocre comme toutes les autres de son secteur. Ça en prend la tournure et j’y veille… ha !ha !ha !
Ma réponse :
Je t’ai reconnu. Ce rire t’a trahi. Tu es Attila Uturgur, le chef des Antimacs.
Go to hell !
Maman dit : tu
viens dîner à la maison tout à l’heure ? J’ai ton argent de poche.
Ma réponse :
J’arrive au plus vite.
A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine
chronique de Cupertino qui dévoile en exclusivité la personnalité du monstre,
cet Attila Uturgur, qui tire les ficelles des Antimacs, oui, il y a bien un
complot contre Apple et nous serons les premiers à le dénoncer, avec la
délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.
(1) Apple a déposé un brevet sur ces castagnettes. C’est le 314° brevet qui
vient juste après celui déposé pour protéger de la copie le bel escalier de
verre des Apple Stores.
(2) Un crack. Ceci pour les nombreux lecteurs qui ne font pas la différence
entre un processeur Motorola et un processeur Intel choisi définitivement en
2005 par Steve Jobs. Si vous n’y comprenez rien, vous ne serez jamais un geek.
Basta.