dimanche 11 septembre 2011

Le service Virus - 5° épisode


Que se passe-t-il donc à Cupertino au service Virus? Vous savez que rien ne sort de LA firme. Et rien ne rentre sans contrôle.
Mais là, pour promouvoir mes Chroniques, je suis forcé de me mettre à table.

Il y a depuis des années qu’un seul salarié qui bosse au service Virus de LA boîte. Le type est assez enveloppé. Et comme il passe son temps au resto gratuit de LA firme et se traîne toute l’année au bord de la piscine de la cafet en se mettant dans l’eau pour se rafraîchir en s’agrippant au bord car il n’a jamais su nager, son tour de taille ne s’arrange pas.
C’est John B. Bugg. On l’appelle aussi familièrement Big Bug à Cupertino. C’est hélas l’un des principaux architectes totalement méconnu du public de Fenêtres Vista. Ce qui lui a valu bien des ennuis et surtout une peine de prison.
Steve l’avait repéré dans le centre de méditation de Mountain View et on les avait vu ensemble dans la boutique Fraiche sur Emerson Street dégustant les yaourts macrobiotiques de Patama, la plantureuse patronne.

Big Bug a payé son délit. Les juges ont été cléments. Il avait écopé d’une peine légère avec admonestation du jury pour le temps perdu par tous ces clients agacés. Et Steve l’a attendu à la sortie de la prison de St Quentin. Il l’a conduit à Cupertino confiant en ce talent hors pair.
Son job à Big Bug ?  Rien toute l’année au service Virus. Il est par contre surbooké à la sortie de tout nouvel OS. Steve le branche secrètement sur les programmes avant le lancement commercial d’un nouvel OS. C’est là que Big Bug montre tout son talent.

Vous savez que les programmes des OS sont parfaits à leur achèvement grâce à l’incroyable (incredible) talent des équipes, certes, mais aussi aux nombreux correspondants qui triturent pendant des mois les bignoux dans tous les sens et ils s’y connaissent, les bougres. Y participent également les petits de l’école maternelle de Fresno avec le concours de leurs grand’mères. Toutes les précautions sont prises.

Quand le service Logiciel donne le top à Steve, c’est que vraiment tout est parfaitement parfait. Alors arrive Big Bug. Il prend le logiciel parfaitement hyper réaliste et le transforme en un tableau expressionniste abstrait genre Willem de Kooning. Il raye en artiste, efface là une ligne, plus loin rajoute trois quatre pages d’Henry Miller, pense aux ingénieurs de Bill en égarant une page du programme ici et là. Enfin que du talent, Big Bug.
Il fait de sorte que ça tienne ensemble pour la présentation de Steve dans un musée d’art moderne. Puis c’est vendu triomphalement tel quel, faussé par Big Bug.

Et là arrivent les retours. Big Bug est déjà au resto et reconquiert le trou de ceinture laissé par ces nuits de travail. Il mange sereinement des sushis à la cafet de LA boîte avec Steve en dissertant sur le Mahâbhârata et le temps suspendu de la Bagavad Gita.

De toute part pleuvent les demandes de mise à jour. Le standard de LA boîte implose. On proteste, menace de se tourner vers les Antimacs honnis, certains préparent même un retour en arrière vers l’ancien OSX si bien fichu.
D’autres se sentent devenir folles et songent à revenir au PC.
Les enfants de l’école maternelle de Fresno font la grève du chocolat et leurs grand-mères se rendent devant les grilles de LA boîte et attachent leurs vieilles baskets (même marque que celles de Steve me semble-t-il) aux grilles de la porte d’entrée en chantant des protest songs.
Le service Logiciel de LA boîte est sur les dents. On réécrit, réinvente, déplore le style de Henry Miller et rajoute du Laurence Durrel. On transforme ce faux chef d’œuvre de Willem de Kooning en tableau hyper réaliste.
Il faut quatre mois de travail acharné (pas un jour de plus, vous l’avez remarqué et c’est là le talent fou de la déconstruction de Big Bug) et au final ça redevient parfait avec LA GROSSE mise à jour de LA boîte et une ou deux petites qui suivent car la perfection ne s’atteint hélas jamais du premier coup.
Maintenant l’OS n’a plus rien à voir avec la première version déconstruite par Big Bug.

Steve dit : plus parfait qu’avant, au-delà de la perfection même, pour sûr vous êtes formidable. Après le passage de Big Bug, songe-t-il lors d’une de ses méditations transcendantales, rien n’est comme avant, aucun virus ne peut atteindre cet OSX, les chakras sont actifs. Thank’s Big Bug. Et bravo Steve, on pense à toi. Courage.

Voilà l’un des grands secrets de LA boîte. Merci de garder cela pour vous car si les gars et les filles du service Logiciel apprennent ça, ils noieraient Big Bug dans la piscine et Tim aurait à gérer le premier grand drame de Cupertino. Et il a assez de soucis pour le moment.
Tim a appris par Steve que la perfection doit toujours être déconstruite et que la nouvelle perfection qui en ressort est bien supérieure à la première. C’est une sorte de réincarnation qui d’avatar en avatar conduit au grand tout parfait. Tim vient de se mettre en position du lotus.  

A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine chronique de Cupertino. Nous essayerons de mieux comprendre le design des Mac avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.