Jonathan Ive, le patron de l’équipe design, après avoir filtré les créations incredible de son équipe, ce qui revient à dire qu’il avait sérieusement songé à les licencier tous, décide finalement de les mettre en relation avec Steve qui reçoit ses services une fois par mois sur sa belle terrasse d’où l’on voit Frisco au loin et à côté le Pacifique rugissant, notre père Océan. Pourquoi fait-il cela ? Parce que c’est un homme bon, quoi qu’en disent les mauvaises langues des Antimacs.
Jusqu’à présent, Steve leur montrait une feuille de papier. Thick as a paper, avait-il martelé longtemps à chaque nouvelle proposition du service Design en leur racontant l’histoire du pauvre John passé sous le rouleau compresseur avec son Mac (1).
Mais depuis peu les choses avaient changé. Steve allume un bâtonnet d’encens, montre la fumée et répète : thick as… A PAPER répétent en chœur les membres du service Design au désespoir de Jonathan qui se demande si cette idée de licenciement, au fond, tiendrait quand même la route.
NO, bande de concepts bananes, coupe Steve en passant devant leurs yeux ébahis son pouce et son index joints… Thick as a smoke volute.
C’est-à-dire une machine qui ne se voit plus. Presque plus. Un matériel qui frise l’immatériel. Le plus grand défi que Cupertino n’avait jamais eu à résoudre. Un OSX qui se fait totalement oublier et un matériel invisible.
Evidemment une telle orientation a radicalement changé l’approche de tous les ingénieurs. Le projet VOLUTE était né. Bon, je vous en parle mais c’est vraiment un secret que je vous demanderai de ne pas ébruiter. Car rien ne sort de LA boîte et tout ce qui rentre est absolument contrôlé. Mais vous savez que j’y connais du monde.
Le projet VOLUTE est un design évidemment révolutionnaire. Plus d’écran, plus de clavier, plus de souris. Plus de MATERIEL. Mais une jonction entre HARD et SOFT.
Nous sommes dans l’iVolute ou encore dans le vMAC, le volute MAC. LA boîte vendra des iStiks, petits bâtons d’où émergeront le hard et le soft. Sorte de baguette de sorcier qui fera de vous un iHarrypotter, ne cesse de répéter Jonathan.
Un iStick qui fait tout ce que le numérique peut espérer faire en traçant au laser des 3D immatériels sur n’importe quel support et qui vous permettront de tapoter, de souriter ou de tracpader des écrans immatériels mais aux effets visuels bien réels.
Ce stick sera muni, très grande innovation, d’un mine de plomb à l’un de ses bouts pour écrire sur une feuille de papier et effacer avec une petite gomme incluse dans l’autre bout, sorte d’iCrayon avec gomme, vous voyez.
Je ne peux hélas en dire plus tellement le secret reste le secret.
Le Feld-maréchal Goebbels qui attachait une réelle importance au design de son uniforme, ce gros malfrat qui représente ce que l’humanité arrive à produire de pire quand le meilleur est en panne, disait que le peuple allemand ne voulait pas de beurre mais des canons. Il peut être considéré aussi comme le père spirituel du design alimentaire ayant fait manger, contre leur gré et avec ce slogan, les pissenlits par les racines à une bonne partie de l’humanité.
Oui mais d’un tout autre côté, avec le design du MAC, nous avons le beurre, l’argent du beurre, le pot au lait et la crémière (ou le crémier pour ceux qui aiment les jeunes éphèbes en short à fleurs) ce qui nous rend les canons définitivement inutiles sauf ceux qui défilent sur le podium de Jean-Paul Gaultier ou à la gay pride. Il y a eu là un réel progrès.
Après toute la peine que je me suis donnée à éclaircir ce concept de design cupertinoïde, vous voyez bien à quel point le sujet est sérieux et comment il engage déjà notre avenir sans parler de notre compte en banque et mettra à rude épreuve nos maigres économies.
Le design du MAC est simplement simple d’élégance et son OSX ne complique pas trop notre existence par sa relative simplicité opératoire, ce qui est déjà une révolution en matière informatique. C’est comme un iceberg, tout l’essentiel est invisible. Ne faiblit pas, Tim. Courage Steve, nous sommes nombreux près de toi en pensée.
A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine chronique de Cupertino. Nous ferons le point sur le projet ultra secret du vMac avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.
(1) Voir le précédent épisode des Chroniques de Cupertino