J’ai pourtant une sainte horreur de ces photographes qui
poursuivent les stars. Mais cmd/maj/4 et le déclic de la copie partielle
d’écran m’ont changé. Je suis devenu un
paparazzi du Net.
IPhoto emmagasine mes milliers de photos et j’ai ouvert des
albums sur les sujets les plus brûlants. Ouvrons l’un de mes Albums.
Au hasard, celui consacré au maillot col Mao de Steve. J’en ai
un autre sur le jeans subtilement délavé et bien sûr plusieurs dédiés au
chaussettes noires et aux baskets mais nous y reviendrons certainement un jour.
D’abord quelque chose qui sans doute vous a échappé :
le tout est parti il y a bien longtemps d’un T-shirt noir à COL RAZ. Aucune
photo ne montre Steve en maillot à col Mao dans les années de l’ère paléomac.
Pourtant l’époque s’y prêtait plutôt. C’était l’époque du GBEA, Grand Bon En
Avant et du PLRDM, Petit Livre Rouge de Mao mais nous n’avions pas encore le OSX10.7iMac2,7GHzICi5DD1ToAMDRadHD677M512Mo
et le pire était alors possible.
Steve ne s’est jamais laissé aller ni dans le GBEA ni dans
le PLRDM. Il en pinçait déjà,
comme beaucoup d’entre nous, pour SSLDL, Sa Sainteté Le Dallai Lama. Et je
suppose qu’il n’a pas trop apprécié le GBEA sur le Tibet et qu’il est resté, on
le comprend, pendant toutes ces années au T-shirt noir col raz. Un parti pris
qui l’honore.
Rappelons qu’un bon T-shirt en coton organique a une durée
de vie de trois à quatre ans s’il a un double. L’un pour les semaines paires et
l’autre pour les semaines impaires. Et puis j’ajouterais cette recommandation
toute personnelle : il est bon d’en avoir un troisième identique aux deux
autre au cas où l’on s’embrouille dans les lavages d’une semaine sur l’autre.
Donc deux finissent par être délavés et le troisième, sorte de roue de secours, reste neuf et impec.
Donc en jouant sur les trois T-shirts on peut tenir
facilement quatre ans en tenant compte qu’un bon polo est nécessaire surtout
dans le compté de Santa Clara où il fait assez frisquet à certaines périodes de
l’année. A Frisco, je recommande carrément le pull et parfois le ciré. Mais
chacun fait comme il veut.
De toute manière, il est facile de trouver des T-shirts
vendus par lots de trois pour un max de 10 $. Ce qui représente une dépense de
40 $ hors inflation en l’espace de vingt ans. Ce qui n’est pas négligeable pour simplement couvrir le haut du corps.
Mais là il s’est produit une fracture. Dès que la Chine
s’est dépêtrée de sa Révolution Culturelle et s’est entêtée à enrichir les
dirigeants du Parti communiste chinois qui n'ont plus qu'un seul rêve : parcourir le monde avec un porte-avion atomique, Steve passe sur le champ au T-shirt col Mao.
A vrai dire, on quitte là la catégorie des lots de trois
T-shirts à 10 $ et on rentre dans le T-shirt ouvragé, travaillé par un designer
du vêtement, à la limite de la haute couture, contrairement à ce que racontent
les détracteurs que nous renvoyons sèchement à leurs positions Antimac.
Le
T-shirt gris à col Mao manches longues est sur des niveaux de prix John
Galliano/Jean-Paul Gaultier.
Bon, Steve a bien réussi et il mérite largement de pouvoir
s’offrir ce nouveau luxe maintenant que son entreprise est au top mondial en
bonne voie pour les mille milliards de $ de capitalisation boursière.
Surtout
qu’il doit les acheter par lots de trois identiques pour garder les bonnes
habitudes, ce n’est plus 10 $ le lot de trois, vous vous en doutez bien.
Les photos de mon Album sont formelles : au Yerba Buena Center, le maillot était neuf!
C’était le troisième maillot de réserve.
Ce qui veut dire que Steve s’est embrouillé dans les lavages avant la mythique keynote du mercredi 2 février 2011 au Yerba Buena Center of the arts, 701 Mission
Street.
Oui c’était le lancement par Steve de l’iPad 2. Un moment
choc éprouvant pour l’extrême
sensibilité de l’homme, ému, s’empêtrant dans le rythme des lavages de ses
maillots. Mais personne n'a remarqué son maillot neuf car nous étions tous aussi émus que lui.
Mais là un doute m’assaille : n’aurait-il pas pour
l’occasion acheté carrément un maillot neuf ? Ce qui voudrait dire qu’il n’a pas
trouvé son troisième maillot ? Donc quelqu’un le lui a caché. Ou il l’a
perdu ? Une manœuvre de l’infâme Attila Uturgur, le chef des Antimacs? Je suis pris par un vertige comme en ouvrant Time Machine.
Que s’était-il réellement passé ? J'écarte un moment les Antimacs et j’opte au final pour un bug de Microsoft. Les bugs de Microsoft sont depuis toujours bien plus fréquents que les complots des Antimacs dont la stupidité et l’inefficacité sont légendaires . C’est bien le genre de Trèspetitsoft de vous faire perdre le fil par des questions
sournoises, des renvois hasardeux et de vous coller un toolbar sans que vous en
vouliez.
Enquête faite, oui, Steve, sur sa belle terrasse avait ouvert la veille de
la présentation au Yerba Buena, donc le mardi 1er février 2011 vers
19h précisément, son iPad2 puis s’est fait apporter un PC pour voir encore une
fois la différence. Mesurer ce qui sépare l’ombre de la lumière, la douleur de
la félicité, l’embrouille des ingénieurs du cœur simple de l’usager.
Il enleva
son maillot à col Mao pour prendre ses aises. Il faisait exceptionnellement
doux ce soir là. Ce qui est rare en cette saison.
Et, voilà. Il s’est planté sur le PC.
Oui. Car Windows Live Mail de Windows7 envoie les photos qu’en passant par
accueil/messages photos/ barre en haut de la flèche/ envoyer des photos en
pièce jointe en évitant l’envoyer des messages photo ce qui pourrait paraître
comme répondant à l’intention.
Steve, n’abandonnant jamais devant la
difficulté, est revenu dans WLM/menu backstage/enveloppe pourvue d’une flèche
en haut à gauche/ sélection options/courrier/onglet général dans la zone
programme/ messagerie par défaut. Mais rien n’y fit. Puis l’écran s’est gelé.
Pourquoi. Mais pourquoi, donc ?
Vous vous souvenez ? Vous comprenez ? Vous sentez
l’effroi monter en vous ?
Mais Steve ne se laissa pas prendre. Il s’est mis en
position du lotus pour se vider la tête. Il est resté ainsi toute la nuit
immobile sur sa sublime terrasse avec Frisco au loin et à quelques pas du
rugissant Pacifique, notre père océan. Comme Milarepa le yogi dans sa grotte,
résistant aux génies monstrueux.
Le lendemain, son assistante a dû courir lui acheter vite un
maillot neuf car Steve est venu torse nu au Yerba Buena Center, sans s’en
rendre compte, oubliant son maillot sur la terrasse.
Le PC lui avait pourtant été offert par Bill. Vous avez tout compris. Bill n'est pas le genre de gars à complot. C'était un vrai bug.
A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine
chronique de Cupertino. Nous examinerons dans le menu et avec la délicatesse
qui convient, ce qui sépare les Antimacs et les Phylomacs. Si vous le voulez
bien, évidemment.