On me dit que Steve ne porte pas de chaussettes. Archi faux. Un simple ctrl/roulette souris sur une photo de lui sur Google Image montre clairement qu’il porte des chaussettes noires.
Ceux qui ont propagé cette ineptie disaient à l’appui de leurs affirmations mensongères, pour le moins, et je n’ouvrirai pas un dossier en diffamation mais l’envie ne m’en manque pas, que Steve recherchait le contact direct avec ses baskets.
D’ailleurs qu’est-ce qui sépare un OSX des neurones de notre cerveau ? Interrogeaient ces gens fourvoyés dans l’erreur.
Rien. Osaient-ils répondre à leur propre question.
Et ils avaient l’outrecuidance d’ajouter : le contact est direct, comme les pied nus et les baskets. Il y a, grâce à Steve, un rapport de continuité entre un Mac et notre matière cervicale comme entre ses pieds nus et ses baskets.
Cet argument, indigne d’un vrai Phylomac, je m’en veux un peu de le souligner tellement la grossièreté et l’indigence sont évidentes, se détruit pas son flagrant manque d’observation.
Mais enfin, il faut arrêter de plaisanter. Bien sûr entre un Mac et notre cerveau il y a nos doigts, nos yeux et surtout nos états d’âme. C’est bien sûr nos états d’âme qui brouillent tout. Regardez.
Observez le trouble qui vous envahit quand l’être aimé apparaît là en Skype 5.3 alors que vous prenez le café, un spécial Latin america coffee de Starbucks, 1231 Market Street, dans la cuisine avec la ravissante Betty, l’embrouillamini de votre mental lors de la déclaration fiscale sur le site .gouv ne sachant comment faire ayant quitté la France depuis un moment, l’indisposition légèrement angoissante qui vous saisi à la lecture du mail d’un de vos patrons qui veut savoir où bon dieu vous êtes passé depuis deux jours et même l’état de rage qui vous assaille momentanément quand vous pensez que ce guignol, génial par ailleurs il faut le reconnaître, pense peut-être que vous passez votre temps sur un champ de course alors que simplement vous avez vu votre vieille copine lors de ce déplacement à Fresno pour étudier avec les enfants de l’école comment ils réagissent au trackpad, en étant sûr que lui, le boss, ne quitte jamais Cupertino pour un bled du compté ou du compté voisin mais se prend toutes les missions pour Paris, Londres, Berlin et surtout Bangkok, ah oui Bangkok, et cela ne le regarde franchement pas, ce coup de Fresno, surtout que vous revenez avec un scoop, certains enfants manipulent le trackpad avec le nez .
Vous voyez les conséquences en termes ergonomiques et de manipulations intuitives ! Du lourd pour Apple.
Il y a aussi l’étrange flottement qu’on éprouve quand Valérie Pécresse nous parle de la crise économique ou cette totale assurance qui nous envahit en regardant sur l’écran la certitude inébranlable de Barack Obama après une affaire avec le Congrès.
Hé, vous voyez bien qu’il y a toujours quelque chose entre notre cerveau et l’OSX. C’est pour cette raison que Steve porte des chaussettes et n’a jamais été pieds nus dans ses baskets. Il y a un rapport de contiguïté entre un OSX et nos neurones. Et non de continuité. Sûr.
Ceci tiré au clair, je le souhaite définitivement, il reste néanmoins l’état des baskets de Steve. Je suis certain qu’ils sont aérés régulièrement sur la terrasse sublime de sa splendide villa bien méritée. Il prend la peine de les enlever et les pose contre le seuil de la baie vitrée. Il reçoit ses invités en chaussettes.
Je vois ces baskets appuyés contre la baie vitrée de la terrasse qui donne sur Frisco au loin et là à trois pas le rugissant Pacifique, notre père Océan. De splendides créatures et des éphèbes en shorts à fleurs évitent les baskets avec peine, le maire de Cupertino, lui, ne les a pas vu et trébuche dessus. Et même le Dallai Lama, pour lequel j’ai une absolue vénération, est tombé ce jour-là, nez à nez, si je puis dire, avec les baskets de Steve en cours d’aération.
Tandis que les splendides créatures et les éphèbes en shorts à fleurs s’occupaient du team de Steve et que le maire de Cupertino s’éloignait en claudiquant, lui, Steve, avec son maillot à col Mao et le Dallai Lama en position du lotus regardaient en silence le coucher du soleil en méditant.
Le Dallai Lama très ctrl à l’époque (Steve lui a offert son dernier MAC Book Air et il s’est vite mis au cmd), était absolument concentré. Et on sentait cette lutte intérieure sous un sourire céleste qui pour tout bouddhiste doit vous arracher de la contingence du transitoire.
Steve planait avec l’avatar de son iPhone 5 en cours de maturation. On voyait à peine les frémissements des narines de sa Sainteté qui a fini par mettre à l’abri son nez dans un repli de sa robe safran délicieusement embaumée des parfums des mille fleurs du temple.
Les doigts de pieds de Steve, dans ses chaussettes noires de l’avant veille, venaient de s’agiter quelque peu en provoquant un léger mouvement d’air quand, dans la non pensée, lui apparu la lumière de l’intuitif absolu.
A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine chronique de Cupertino. Nous examinerons dans le menu et notamment le maillot à col Mao de Steve. Si vous le voulez bien, évidemment.