jeudi 18 août 2011

Antimacs et Philomacs - 2° épisode


Il est grand temps d’aborder la très délicate question des Antimacs et des Philomacs. Pourquoi me direz-vous ? Ne peut-on pas laisser ce sujet de côté et arrêter de vouloir attiser une guerre qui diviserait notre pays, nos partis politiques, nos syndicats, nos familles et même nos amitiés si ce n’est nos amours. 
Mais, je ne reculerai pas devant ce danger et je compte bien y mettre tout le doigté et la délicatesse au traitement d’un sujet aussi sensible que furent les rapports entre l’homme de Neandertal et de Cro-Magnon,  la conquête de la Gaulle par Jules César ou la guerre de Cent ans.
Commençons en toute neutralité épistémologique à planter le décor. D’un côté l’univers Mac et de l’autre, les autres. Jusque là rien d’injuriant ni de pénalisant pour les uns et le reste des autres. Disons que l’univers Mac est composé en majorité de Philomacs et le reste des autres totalement Antimacs.

Il serait tentant de me mettre tout de suite du côté des plus forts. Je ne le ferais pas question de neutralité. Posons-nous donc la question : qu’est-ce qu’un Antimac ?  J’en ai repéré deux dans mon entourage. Leur étude nous permettra d’échafauder une hypothèse de travail. Un homme, appelons-le M. X et une femme que nous appellerons Mme Y conformément au codage chromosomique communément admis.

M. X et Mme Y clament tous les deux : avec le prix que tu as payé ton MacBook Pro 17’, tu aurais pu t’acheter quatre PC portables ! L’argument est fort. Surtout qu’il me fait passer du côté des nantis arrogants éloignés de la vraie France qui souffre. Du côté de ces riches qui n’ont pas besoin de psychotropes pour supporter la douleur de vivre et qui touchent peu d’aides sociales (sauf celles qui sont versées quel que soit le montant de votre patrimoine genre niche fiscale ou autres avantages et ils sont nombreux quand on sait bien payer un homme de loi pour les dénicher).
Le camp des 4X4 arrogants, de ceux qui sifflent la mise en scène de Chéreau au Festival de Bayreuth, qui fraudent massivement les impôts et planquent leurs avoirs dans les paradis fiscaux. 

Vous voyez l’étendue des injures. Je n’ai cure de cette tentative d’intimidation. Et ma réponse cinglante de logique : que ferais-je donc bon dieu avec quatre PC portables ! Et tac.


En passant et entre nous, je ferais glisser à Steve et à Tim, qu’ils pourraient aligner leurs prix en € sur la vraie valeur du $. Et non un pour un. Nous les Européens sommes tout de même des alliés. On mérite bien cette petite faveur qui enlèverait une partie des arguments aux Antimacs qui, s’ils savaient cela, en feraient des gorges chaudes à nos dépens.


Mais le deuxième argument des Antimacs fuse aussitôt : tant d’argent dépensé pour ce que tu fais avec ton MacBook Pro, c’est inutile. Tu tapotes des textes, fais tes comptes, quelques courses en ligne, gère ton courrier, travaille tes photos ou tes vidéos, écoute un peu de musique, vas sur les sites spécialisés de ta banque, de ton FAI ou tes assurances,  cherche des documents, fouille les dictionnaires et les encyclopédies,  cueille l’information sur les forums, écoute la radio, regarde des émissions d’Arte ou de la Cinq que tu as loupées, skype avec tes copains et ta famille… tu peux faire tout cela avec un PC à 500 €.   
Et c’est là que je sors ma botte secrète : et si je veux faire TOUT CELA EN MEME TEMPS. Re tac. C’est là que l’Antimac prend une veste. Se tait.

Je ne leur parle évidemment pas du fameux frisbee couleurs arc en ciel qui parfois mouline on ne sait pourquoi alors qu’un petit avertisseur d’explication serait quand même plus élégant. Une correction incluse discrètement dans une prochaine mise à jour de l'OSX nous donnerait encore plus d’avance technologique et ce petit tour de frisbee serait vite oublié.

Alors disons-le sans retenue : l’Antimac est soit un radin low tech, soit un utilisateur du bout des doigts qui se contente de réexpédier les mails avec photos drôles de Nicolas et ses talonnettes ou le montage Power Point genre très belles photos du Mont Blanc, ou regardez comme ces caniches sont mignons, ou ces interminables sagesses éternelles en proverbes populaires bien vrais et illustrés, ou encore le énième Japon au printemps et le site de Palenque au coucher du soleil avec une délicieuse musique de Jodle tyrolien.

Vous voyez en contraste l’élégante silhouette du Philomac. Ses pas légers dans la rue ou au boulot. Sa tranquillité en famille et son expertise auprès des êtres aimés. Et surtout ce regard clair et doux mais brûlant qui attire tant Brad Pitt ou Jennifer Lopez. Il se sent dans la peau de Steve, libre en maillot à col roulé Mao et en jeans subtilement délavé à la tête de la capitalisation boursière de mille milliards de $, la boîte la plus intelligente du monde. 

Laissons vivre les Antimacs mais leurs jours sont comptés. La cellulite et le mauvais cholestérol les envahiront inexorablement. Les créatures de rêve et les éphèbes en short à fleurs se détourneront d’eux. Et qu’ils soient avertis. Quand nous aurons dépassé la capitalisation boursière de mille milliards de $ , rien ne retiendra LA firme à demander à leur FAI 50% HT de l’abonnement à Internet. Et ce sera répercuté sur leur facture mensuelle jusqu’à l’achat d’un iPad. Steve en rêvait, Tim le fera. Courage Steve, on pense à toi.


 A+ les amis, si le cœur vous en dit, pour une prochaine chronique de Cupertino. Nous ouvrirons le dossier des virus informatiques avec la délicatesse qui convient. Si vous le voulez bien, évidemment.